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Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

Dimanche, 18 Janvier 2026

Dimanche dernier, nous avons célébré le baptême du Seigneur et aujourd'hui nous sommes un peu dans cette continuité de ce récit avec l'évangéliste Jean qui nous parle et qui approfondit la parole de Jean le Baptiste. Jean le Baptiste désigne Jésus-Christ « voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L'agneau de Dieu, vous pouvez penser à quoi ? Ou à qui ? Quand est-ce que nous mangeons l'agneau ? À Pâques.

Jésus est désigné comme l’agneau pascal. L’agneau du sacrifice, celui qui enlève les péchés du monde.

Après avoir quitté le pays de l'Égypte pour aller vers la terre promise, chaque année le peuple juif fait mémoire de cette libération. Il célèbre et sacrifie un agneau sans défaut. L’agneau de la Pâque juive, Jésus-Christ va s'identifier à cet l'agneau. Souvenez-vous de dimanche dernier et de l'Homélie.

Je vous disais, entre autres, que Jésus-Christ n'avait pas besoin d'être baptisé. Par le baptême, il a rejoint l'humanité, d'une certaine manière, il est devenu le chef des pécheurs. Lui qui n'a pas connu le péché.

Lui qui n'a pas connu le péché s'est fait pécher sans l'avoir réalisé, pour être cet agneau de la Pâque, l'agneau qui est crucifié sur le bois de la croix. Mais avant sa crucifixion le vendredi saint, il va d'abord se faire nourriture. Le jeudi saint, la première messe, la première Eucharistie, « prenez et mangez, ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites cela en mémoire de moi ».

Par sa crucifixion, il nous permet de recevoir le pardon de nos péchés et puis la résurrection, de nous faire entrer pleinement dans la vie éternelle. Là est le cœur de notre foi, de la foi catholique. Aujourd'hui, quand Jean-Baptiste le désigne comme l'agneau de Dieu qui vient enlever les péchés du monde, il nous invite à vivre de lui.

En vivant de lui, Jean-Baptiste nous le dit bien, « celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l'Esprit Saint ». Donc nous avons vu dimanche dernier que la colombe, l'Esprit Saint, cette colombe représente l'Esprit Saint, l'Esprit Saint qui est l'onction que le Christ va recevoir, que Jésus va recevoir. Donc il va être l’oint, il va devenir l’oint de Dieu, le consacré, et c'est là où il prendra le nom de Christ après son baptême.

Jésus nous invite par notre baptême à recevoir le Père, le Fils et l'Esprit Saint, un baptême dans le feu de l'Esprit. Ce qui rejoint la deuxième lecture où Paul emploie deux mots, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ, Jésus, et sont appelés à être saints.

Par notre baptême, nous avons été sanctifiés, c'est-à-dire que nous avons pris le chemin de la sanctification, jour après jour, cherché à nous convertir pour devenir saints. La sainteté n'est pas de ce monde, hélas nous le savons bien, mais nous tendons vers, parce qu'intérieurement, nous avons cette force de l'Esprit Saint, le feu de l'Esprit, qui nous invite et qui nous pousse à changer nos mauvaises attitudes de notre quotidien pour qu'elles deviennent meilleures, et même pas meilleures, c'est pas un bon mot, pour que tout soit rempli d'amour.

Parce que la sainteté, c'est tout simplement aimer. Mais aimer, en parole, en acte, par le regard, par la pensée, continuellement. Nous avons des grandes figures de saints, encore à notre époque, entre autres les deux derniers, mais les plus jeunes, Carlo Acutis et Giorgio Frassati, qui nous montrent ce chemin de sainteté au XXIème siècle.

Alors la sainteté, la sanctification, j'emploie le mot de temps en temps, pour le mariage. Lors de la célébration, je leur parle de la sanctification du mariage. Ils me font des gros yeux, parce que c'est un « gros mot », sanctification, qu'est-ce que ça veut dire ? Je leur dis, c'est tout simplement, c'est la sainteté, mais alors là aussi c'est un autre gros mot, donc je leur dis, c'est l'amour, tout simplement.

Alors la chance que j'ai, comme je leur dis, au couple, la chance que vous avez c'est de vous entraider dans cette sanctification. Alors ce n'est pas, comme dit l'expression, « amen à tout » dans la vie du couple. Mais c'est en trouvant des accords, en pensant, en réfléchissant, en échangeant les avis, qu'on peut grandir, parce qu'on fait tout par amour. Puis les uns avec les autres, nous nous sanctifions aussi, et moi je me sanctifie grâce à vous, vous m'aidez à me sanctifier jour après jour.

Cheminer avec le Christ, dans notre quotidien, à travers nos changements que nous pouvons faire au fur et à mesure intérieurement, ça peut interpeller. Si nous sommes interpellés, il ne faut pas avoir peur de dire, c'est le Christ qui habite en moi, qui vient me transformer. Dans la première lecture, où le prophète Isaïe dit «tu es mon serviteur Israël, en toi je manifesterai ma splendeur », nous pouvons transposer à aujourd'hui ce verset, cette parole d'Isaïe, VI siècle avant Jésus-Christ. Nous sommes dans la continuité avec le prophète Isaïe. Le Messie ce n'est pas simplement une seule personne, mais le peuple qui chemine ; aujourd'hui pour nous c'est pareil, « tu es mon serviteur Israël, en toi je manifesterai ma splendeur », parce que nous sommes consacrés au Seigneur par notre baptême, nous avons reçu l'onction. Hier dans cette église, il y avait la petite Léna qui a été baptisée, elle a reçu l'onction du Saint Crème, c'est-à-dire qu'elle a été consacrée au Seigneur. Nous sommes ce peuple qui est en marche, nous sommes ce serviteur aujourd'hui du Seigneur, et nous avons à faire resplendir sa gloire là où nous sommes.

Léna hier a reçu la lumière du Christ, ressuscitée, cette lumière que son parrain a prise au cierge Pascal, cette lumière habite en elle comme en chacun d'entre nous, alors soyons des lumières dans notre monde qui en a tant besoin. Certains se prennent pour des lumières dans le monde, mais ça n'amène pas grand-chose de bon. Quand une personne se convertit, elle resplendit encore plus, non pas sa propre lumière, mais celle du Christ qui est en nous. Cette lumière que nous avons à faire resplendir, d'autres personnes aussi chercheront à laisser grandir en eux. Pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde. Amen.

Père Patrick Fauries – 18/01/2026

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