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Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Premier dimanche de l’Avent, année A

Premier dimanche de l’Avent, année A

Dimanche, 30 Novembre 2025

Aujourd'hui, en fêtant le premier dimanche de l'Avent, nous entrons, comme chaque année, dans cette attente. L'attente de célébrer cette grande fête de Noël. Nous sommes peut-être déjà dans les préparatifs, même si c'est bientôt Noël, mais quand nous voyons les commerces et les rues qui sont prêts, éclairés, nous pourrions nous poser la question: pour chez nous aussi quels sont les préparatifs ?

Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Ce temps de préparation est d'abord intérieure. Mais en voyant tout ce qui nous entoure, toutes les images de notre quotidien, le Seigneur peut nous parler.

Car il passe par nous, à travers ces images, pour nous inspirer un message d'espérance à transmettre à notre prochain. C'est ce qui s'est passé avec le prophète Isaïe, dans la première lecture. Isaïe, VIIIe siècle avant Jésus-Christ.

Il y a eu plusieurs auteurs des chapitres d'Isaïe, mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui. Là, c'est vraiment le prophète Isaïe, au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, qui était dans le Temple de Jérusalem, un peu surélevé. Avec ces deux images, d'abord la première, cette foule immense qui arrive.

Cette foule immense, ça peut nous faire penser au livre de l'Apocalypse, mais cette foule, elle est bien réelle. Tous ces gens viennent célébrer la fête des Tentes, à Jérusalem. La fête des Tentes, c'était pour faire mémoire du temps que le peuple d'Israël avait passé dans le désert, et qu'il vivait sous des tentes.

C'est la fête des Cabanes, comme ils disent, parce que pendant huit jours, les gens, quand ils arrivaient à Jérusalem, ne logeaient pas dans les maisons, mais reproduisaient les cabanes, comme à l'époque. Donc cette foule immense qui vient, elle vient pour prier le Seigneur. Mais le prophète Isaïe, en voyant cette foule, est inspiré par l'Esprit-Saint, et il va prophétiser le rassemblement que Dieu va faire avec son Messie, Jésus-Christ.

Comment Jésus va rassembler les foules pour être à son écoute, pour vivre une nouvelle alliance, Dieu avec l'humanité. Cette nouvelle alliance, ça sera de suivre la parole de Dieu, et c'est le Verbe incarné que nous allons célébrer à Noël, et suivre les commandements. Puis, Isaïe, avec cette deuxième image, image de ces instruments de guerre vont être retravaillés en instruments de paix.

La faucille et la charrue, la faucille pour couper, ramasser le blé, la charrue pour les champs, donc ces instruments de guerre vont devenir des instruments de paix, des instruments pour nourrir. Cette parole du prophète Isaïe, cette transformation de ces instruments comme cette foule immense, c'est une invitation déjà à attendre le Messie, celui qui va apporter la paix dans le monde, la paix et la lumière. Alors, c'est dans cette paix et dans cette lumière, VIIIe siècle avant Jésus-Christ, que le peuple va être encore dans cette attente.

Cette lumière, cette paix, comme Isaïe le dira et que nous entendrons sa lecture pendant la nuit de Noël, ça sera d'abord un enfant, un petit enfant dans la crèche. Alors, c'est là où nous sommes invités, comme le dit Saint Paul, à nous réveiller, à sortir de notre sommeil, c'est un peu aussi en parallèle avec cet extrait de l'évangile de Saint Matthieu que nous venons d'écouter, se tenir prêts pour accueillir la présence du Seigneur dans nos vies. Sortir de notre sommeil, c'est aussi sortir de nos ténèbres, de passer de tout ce qui est obscur en nous à la lumière.

Cette lumière, c'est la lumière du Christ ressuscité. En parallèle avec cet extrait de l'évangile, « deux hommes seront au champ, l'un sera pris, l'autre laissé, deux femmes seront au moulin en train de moudre, l'une sera prise, l'autre laissée ». Cette image doit être interprétée, comprise, non pas qu'un tel va être pris pour le paradis et tel autre va aller en enfer, ce n'est pas du tout ça, mais c'est ce qu'il y a en nous. Le Seigneur viendra chercher ce qui est bon en nous, et il laissera le mauvais. Vous voyez, l'image de ces hommes et de ces femmes, c'est ce qu'il y a de mauvais en nous sera laissé, mais ce qui est bon, ce qui est lumineux en nous, le Seigneur viendra le prendre.

C’est pour cela que Paul nous dit de sortir de notre sommeil et de nous revêtir pour le combat de la lumière. Alors revêtir quelque chose pour le combat de la lumière, nous l'avons par notre baptême. Le jour de notre baptême, nous avons reçu la lumière du Christ ressuscité.

Cette lumière va nous aider à combattre déjà en nous nos ténèbres et puis apporter la lumière autour de nous. Cette lumière qui est le Christ, qu'il faut laisser grandir jour après jour, qu'il faut laisser advenir dans notre quotidien. Saint Augustin disait: « l'homme Jésus est venu, mais le Christ total est en train de naître ».

L'homme Jésus, c'est la nature humain de Jésus, il est né il y a 2000 ans, il est venu, il est mort sur le bois de la croix, il est ressuscité. La dimension divine a pris le dessus, le Père  l'a ressuscité . Le Christ l’oint de Dieu, le Messie, qui est pleinement ressuscité qui est  au milieu de nous, nous sommes dans l’attente de son retour dans la gloire. En  attendant, avec cette parole aussi de saint Matthieu, « à se tenir prêt pour le jour où le Fils de l'homme viendra ». Comment percevoir la présence du Christ au milieu de nous aujourd'hui ?

 Il est présent, à la fois, ici et maintenant, mais comme nous le dirons et nous le chanterons dans l'anamnèse tout à l'heure, nous attendons son retour dans la gloire.

Alors c'est dans cette espérance que nous avançons, c'est dans cette foi de l'Église aussi, qui nous construit jour après jour, que nous avançons aussi dans notre monde. La foi de l'Église, elle s'est bâtie sur le Christ, mais sur les apôtres, c'est les premiers apôtres qui ont transmis la parole du Seigneur au fur et à mesure. C’est dans l'apostolicité que l’Eglise vie l’esprit missionnaire; un esprit de veille, un esprit pour être en marche et un esprit pour annoncer.

A la fuite de saint André, le saint que nous célébrons aujourd'hui, notre saint patron du diocèse, nous avons à lui demander qu'il intercède auprès de Dieu pour nous, pour nous aider à être dans cette dimension apostolique. La dimension apostolique, c'est tout l'inverse de rester les bras croisés, c'est être dans l'action, dans l'agir. Alors selon notre âge, selon nos capacités, mais la première est la prière.

Qu'on soit seul chez nous ou que nous soyons rassemblées ecclésialement, chacun de nous, nous avons à trouver notre manière de prier, en communion avec la communauté chrétienne, pour l'Église et pour la société. Cette grâce nous devons la demander au Seigneur. Qu’Il vienne nous éclairer intérieurement pour trouver notre apostolat.

Amen.

Père Patrick Fauries

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