Les Homelies

Homélie Office de la passion 2026
Nous voici au Vendredi Saint. Jésus a été cloué sur le bois de la croix à 15 heures. Il est mort quelques heures après.
Hier soir, nous étions réunis pour célébrer l’Institution de l'Eucharistie. Aujourd'hui, comme il y a 2000 ans, les juifs célèbrent la Pessah, veut dire la Pâque juive. Jésus, il a 2000 ans, célébrait lui-même la Pâque juive en instituant au cours du repas l'Eucharistie.
Nous avons vécu hier soir l’heure Sainte. Ce recueillement auprès du Seigneur pour lui tenir compagnie, comme les apôtres il y a 2000 ans au jardin des Oliviers. Pendant ce repas, il y a eu une chose particulière pour Jésus. Jésus se met à laver les pieds des disciples.
Léon XIV nous dit « Jésus-Christ nous a montré la toute-puissance de Dieu. Le Seigneur s'agenouille pour louer l'homme par amour pour lui. » il lavera les pieds de Pierre, tout en écoutant sa réaction vive. Pendant la nuit, Pierre le reniera trois fois.
« Je ne le connais pas ». Pourtant Pierre, connaissant sa fougue, dira à Jésus, quand Jésus lui-même lui dira « tu me renieras », Pierre dira « non ». Pourtant, il le reniera parce que la servante au coin du feu le reconnaîtra.
Jésus dira au jardin des Oliviers par deux fois « que cette coupe s'éloigne de moi ». C'est le cri de l'homme-Dieu, qui réagit à ce moment-là.
Le Christ est le Messie. Il va prendre le dessus sur cette dimension humaine pour vraiment accepter cette coupe. La coupe, c'est d'être crucifié pour l'humanité. Pour nous aujourd'hui, deux mille ans après, nous sommes dans cette même condition.
Parfois, nous sommes comme Pierre à renier le Christ. Nous avons du mal à tenir dans la prière, à vivre leur Sainte, à être auprès du Christ, à veiller avec lui, à combattre avec lui la tentation de nous éloigner des épreuves, de la souffrance. Nous refusons de boire à la coupe du Christ, avec le Christ.
C'est notre cri de notre nature humaine, le cri des humains. Mais dans ce cri des humains, il ne faut pas oublier aujourd'hui que le Christ est passé par là avant nous. Qu’il a supporté notre péché, qu'il a porté, aujourd'hui il nous montre le chemin. Chemin d'espérance, où il porte, partage avec nous notre souffrance du quotidien.
Jésus le dira lui-même dans l'évangile, « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Mathieu 11,28-30. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, morte très jeune, avait appris à ses novices à jeter devant la croix du Christ des pétales de roses. A la fois les joies, les peines, les souffrances de notre quotidien, nos agacements. Elle en avait, pendant son oraison, soit une sœur grincé des dents, ou avec son chapelet. C’était agaçant, et pourtant elle gardait toujours un sourire envers cette sœur.
Mais elle avait compris l'évangile, de donner au Seigneur son fardeau, elle avait compris cette dimension du don, pour que le Seigneur vienne transformer, transcender notre souffrance en quelque chose de bon. N'oublions pas, Jésus-Christ est mort sur le bois de la croix. Une épreuve terrible, pour Dieu son Père et pour sa mère Marie. Dieu en permettant cela, en a tiré un plus grand bien. A la fois le pardon de nos péchés, une fois pour toutes, et aussi la résurrection, la vie éternelle. N'oublions pas que d'un mal, Dieu en peut en tirer un plus grand bien, et en lui offrant nos propres souffrances, Dieu viendra les transcender dans notre vie.
Au pied de la croix, il y a Marie puis avec elle, Marie-Madeleine et Jean. Jésus donne sa mère à Jean. Marie devient la Mère de l'Eglise qui va naître. Le cri de Jésus vers son Père, c'est le cri de l'homme-Dieu.
Jésus meurt. Le rideau du temple va se déchirer en deux. Ce rideau du sanctuaire, où personne n'avait le droit d'y entrer, qu'une fois par an le grand prêtre, veut nous dire aujourd'hui qu'il n'y a plus de séparation.
L'Ancien Testament est fini. Le Nouveau Testament commence avec le Christ. Le Christ n'est un homme inaccessible, il est un homme accessible.
Il est au milieu de nous, il est en nous. Levons les yeux vers celui qu'ils ont transpercé pour accueillir, comme le centurion romain, son sang et l'eau, pour dire oui, celui-ci était vraiment le Fils de Dieu.
Père Patrick Fauries