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Homélie nuit de Noël
Premier épisode : « La manifestation de Dieu »
C'est la grande nuit ! Il y a deux grandes nuits pour nous les chrétiens. Il y a la nuit de Noël. Nous accueillons la naissance du Sauveur. La deuxième grande nuit, la nuit de la Résurrection, la nuit de Pâques. S'il n'y avait pas eu la nuit de Pâques, si le Christ n'était pas ressuscité d'entre les morts, nous ne serions pas là ce soir.
Mais si le Messie n'était pas né dans le monde, nous ne serions pas non plus ici présent ce soir. Cette naissance, depuis quelques décennies, pour certains d'entre vous, vous entendez ces mêmes lectures qui nous rappellent ce beau cheminement de Joseph et Marie depuis Nazareth pour aller se faire recenser à Bethléem, dans la ville natale de Joseph. A ce moment-là, il va y avoir une manifestation pour toute l'humanité.
Cette manifestation, c'est la naissance du Sauveur. Ce petit enfant de la crèche Jésus « Dieu sauve ». Il prendra aussi le nom d'Emmanuel « Dieu avec nous ».
Cet enfant de la crèche, avec les fragilités d'un enfant, Dieu a voulu se rapprocher de l'humanité. Il a voulu prendre notre chair, s'incarner en Marie, pour que Marie donne la vie. Cet enfant de la crèche, le prophète Isaïe nous parle déjà au Ve siècle avant sa naissance.
« Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Sur son épaule est le signe du pouvoir. Son nom est proclamé, conseiller merveilleux, Dieu fort, père à jamais, prince de la paix ».
Voilà sur quoi reposent, sur ces épaules de ce petit bébé, ces mots puissants, ces mots forts. Alors c'est une première manifestation que Dieu fait au monde. Je dirais encore plus fort que la première Alliances avec le peuple hébreu.
Nous sommes maintenant dans la Nouvelle Alliance et ce petit enfant va nous montrer un chemin. Mais ce chemin, il va être chaotique pour lui tout au long de sa vie, mais il aura une parole forte, pour nous témoigner de l'amour de Dieu qui est dans le monde. Les premiers qui vont recevoir cette belle manifestation, cette belle annonce, ceux ne sont pas les gens bien, ceux ne sont pas les grands intellectuels, les scribes ou les pharisiens, les prêtres du temple. Ceux sont des bergers qui gardent des troupeaux, des bergers qui vivent dans des grottes, c'est pour cela qu'ils sont exclus d'une certaine manière de la société, mais qui contemplent les étoiles.
En contemplant les étoiles, peut-être ils rêvent, ils rêvent d'un monde meilleur, d'un monde plus juste. Ils rêvent aussi de cette attente de voir un jour le Messie venir dans le monde comme il a été annoncé par les prophètes. C'est eux qui vont avoir cette chance de découvrir une troupe d'anges célestes qui chantent la gloire de Dieu et qui leur annoncent ce message.
« Aujourd'hui vous est né un sauveur dans la ville de David. En voici le signe qui vous est donné, vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Ces bergers vont se mettre en route pour aller rendre visite à cet enfant.
Si vous avez été attentif, dans la deuxième lecture il y a aussi le mot manifesté qui nous était dit par l'apôtre Tite, « attendant que se réalise à la bienheureuse espérance la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et sauveur Jésus-Christ ». Alors là nous ne sommes plus dans la naissance, là nous sommes 37 ans après la naissance du sauveur. Quand Paul écrit à Tite, il parle déjà de cette nouvelle manifestation quand le Christ reviendra dans la gloire.
Nous faisons des grands pas en avant. Mais je dirais qu'il y a aussi la troisième manifestation. Et cette troisième manifestation, elle vient de nous aujourd'hui. Comment ? Aujourd'hui, ça va être un peu un challenge. Quand c'est la nouvelle année, la nuit du 31 au 1er, on se fête la bonne année, certains font des vœux.
Alors nous pourrions faire un vœu maintenant. Comment nous allons manifester pendant l'année 2026 la naissance de Jésus-Christ ? C'est à dire comment à travers moi, à travers nous, nous allons faire naître le Christ, faire naître l'enfant Jésus là où nous sommes dans notre quotidien. En faisant naître cet enfant Jésus dans notre quotidien, ça veut dire que nous aussi sur nos épaules, nous aurons les signes du pouvoir.
Pas un pouvoir comme on imagine. Un pouvoir humble, « conseillé, merveilleux, Dieu fort, père à jamais, prince de la paix ». Nous avons déjà ces éléments, ces signes sur nous si nous sommes baptisés.
Le jour où nous avons été baptisés, nous avons reçu une consécration par le prêtre ou par le diacre sur le front, l'huile sainte consacrée comme prêtre, prophète et roi. Et c'est tout à fait ces mots, conseillé, merveilleux, Dieu fort, père à jamais, prince de la paix. Parce qu'en nous, nous avons pleinement cette présence divine du Père, du Fils et de l'Esprit depuis notre baptême.
En célébrant Noël, c'est comme une piqure de rappel. Celle-là, il ne faut pas la rejeter, il ne faut pas dire je ne veux pas être vacciné. En étant vacciné, nous aurons ce désir d'aller de l'avant. Nous aurons le désir intérieur d'annoncer cette naissance qui vient dans notre monde nous apporter la lumière. La première fois que je suis allé à Jérusalem, en Terre sainte, nous avons rencontré une communauté de soeurs franciscaines et une vieille soeur de plus de 80 ans, quand nous sommes arrivés, a regardé nos pieds et elle nous a dit : « qu'ils sont beaux ces pieds qui apportent la paix ».
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière et sur les habitants du pays de l'ombre, une lumière a resplendi ». Nous sommes ce peuple qui continue à marcher, dans les ténèbres. Mais une lumière est déjà venue.
Cette lumière est en nous. Aujourd'hui, l'enfant Jésus nous invite à l'accueillir dans notre vie, accueillir sa lumière et à notre tour la partager. Amen.
Noel 2026 nous aurons l’épisode deuxième « le message de l’incarnation de Dieu »