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Homélie la Divine Miséricorde A
Aujourd'hui, en fêtant la Divine Miséricorde du Seigneur, Sœur Faustine Kowalska réalise à la demande du Seigneur lors d'une apparition, que le deuxième dimanche après Pâques, il y ait cette fête de la Divine Miséricorde. Ce n'est pas anodin, quand nous célébrons la messe le dimanche, nous célébrons la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ. La veille, la communauté juive célèbre le Shabbat. C’est le temps de repos pour honorer le septième jour de la création. Le huitième jour pour les chrétiens devient une nouvelle création qui née avec la résurrection de Jésus-Christ. Jésus est le nouvel Adam et Marie sa mère, la nouvelle Ève. Cette année, la Pâque Juive a été vécue en même temps que notre Pâques. Aujourd’hui les Orthodoxes célèbrent leur Pâques.
Nous sommes dans l’espérance, par notre baptême, nous sommes déjà ressuscités avec le Christ. Une part de nous est déjà dans la vie éternelle qui commence ici et maintenant.
En célébrant la Divine Miséricorde, huit jours après l'octave de Pâques qui est un temps de fête et de repos.
Je vous invite à reprendre chez vous ce bel évangile. Jean rédige cet évangile cinquante ans après la mort de Jésus. Il nous fait une relecture de ce qu'il vit dans la communauté chrétienne et les Paroles de Jésus-Christ. Il y a tout un sens théologique. « La paix soit avec vous », c'est une formulation que Jésus n'a pas inventée après sa résurrection, c'est une formulation que déjà le peuple hébreu disait ; appeler la paix. Nous, les prêtres, nous disons « le Seigneur soit avec vous », et il n'y a que l'évêque qui est l'apôtre du Christ, parce que nous, les prêtres, nous agissons par délégation de l'évêque. Le jour de notre ordination, nous sommes ordonnés à un service. C'est lui qui dit « la paix soit avec vous ». Jésus, par trois fois dans l'évangile, le dit à ses disciples, « la paix soit avec vous ».
Nous sommes huit jours après la résurrection, les disciples sont dans la crainte de la persécution. Jésus n'est pas un extraterrestre après la résurrection, il est ressuscité avec son corps, il n'a pas besoin d'ouvrir une porte pour passer, nous nous sommes obligés. N'oublions pas, Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, il est le Dieu créateur de l'univers, du cosmos, de tout ce qui nous entoure. Il est le maître de la vie, il est le maître des atomes, et je dirais que Jésus défie les lois de la physique. C'est pour cela que ces hommes ont peur quand ils le voient au milieu d'eux, ce qui est logique.
Thomas n'est pas avec les disciples au moment où Jésus leur apparaît, Thomas dira « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Jean 20,25 Jésus réapparaîtra, de nouveau exprès pour Thomas, « vois mes plaies, mets ta main à mon côté, sois croyant, ne sois plus incrédule », et Thomas dira « mon Seigneur est mon Dieu ». Je vous invite de temps en temps à dire cette phrase, mon Seigneur est mon Dieu. C'est aussi une prière, et plus qu'une prière, en disant mon Seigneur est mon Dieu, nous professons notre foi en Jésus Christ. Mais tout sera vécu dans la manière dont mon cœur est disposé à le dire. Si je suis centré sur moi, ça ne marchera pas. J'aurai beau prié, la disposition du cœur est importante. Il faut que le Seigneur devienne pleinement notre ami, ça veut dire qu'il faut entretenir une relation avec lui, pas qu'une fois par semaine venir à la messe, c'est très bien mais tous les jours je me tourne vers lui.
Dans cet extrait de l'évangile, Jésus nous montre deux points. Le premier, il ne va pas attendre Pentecôte pour que les disciples reçoivent pleinement l'Esprit Saint. « Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit, recevez l'Esprit Saint. A qui vous remettrez ces péchés, ils seront remis. A qui vous maintiendrez ces péchés, ils seront maintenus ».
Recevez l'Esprit Saint. Il souffle sur eux, il leur donne l'Esprit Saint pour les envoyer en mission. Ce n’est pas facile d'aller en mission, annoncer Jésus-Christ.
« A qui vous remettrez ces péchés, ils seront remis ». Ce n'est pas facile d'aller se confesser. Nous-mêmes, les prêtres, nous allons nous confesser à un autre confrère. Jésus a voulu que la confession passe par un prêtre, parce que nous sommes des êtres relationnels. Dans la confession, que disons-nous ? Nous confessons l'amour de Dieu. Aujourd'hui, en célébrant la Divine Miséricorde, nous confessons l'amour de Dieu et face à l'amour de Dieu, nous voyons là où nous avons fait du mal, là où nous péchons. Demandez à Jésus-Christ de vous montrer quand vous péchez. Il vous éclairera ! La dernière phrase est un peu emblématique.
« A qui vous maintiendrez ces péchés, ils seront maintenus ». Il n'y a si pas longtemps, une personne me disait :« vous parlez beaucoup d'amour ». La personne qui refuse l'amour de Dieu. Comment Jésus peut-il lui pardonner ? Le cœur est fermé et Jésus n’agit pas contre notre liberté.
Ce n'est pas la chanson, nous irons tous au paradis, peut-être. Pour aller au paradis, il faut avoir un peu d'amour en nous et accepter l'amour de Dieu. Ça demandera de l'humilité et mettre notre orgueil de côté. Je refuse l'amour de Dieu, je refuse Jésus, tout simplement.
Précédemment, Jésus leur a donné leur première mission. Célébrer l'Eucharistie. « Faites cela en mémoire de moi ». Donner l'Eucharistie au peuple de Dieu. Voilà les deux missions que Jésus a inculquées aux apôtres. Il les envoie, en mission, célébrer l'Eucharistie, -donner Jésus-Christ en nourriture- et remettre les péchés pour ceux qui le souhaitent.
Quand nous célébrons l'Eucharistie, nous célébrons l'unité du Christ. Nous ne célébrons pas la division du Christ.
Jésus n'est pas venu diviser, il est venu faire l'unité. Le prêtre, comme l’évêque, nous sommes là, avec nos péchés, mais nous tendons à faire l'unité et non la division. Dans la première lecture, il y a tout un côté idyllique, idéal, de la communauté chrétienne. Ils mettent tout en commun, ils partagent, ils chantent les louanges, ils mangent, ils prient, ils célèbrent l'Eucharistie.
Nos communautés chrétiennes tendent vers cette idéale de vie. Jésus dira à ses disciples, « c'est à la manière dont vous vivrez, que vous serez témoins. » Témoin de son amour. « Voyez comme il s'aime ». Demandons la grâce au Seigneur, d'avoir ce désir de faire communauté. Ce cœur miséricordieux d'où jaillit le sang et l'eau. Je vous invite à contempler le tableau du Christ miséricordieux de Saint Faustine, avec la prière du chapelet de la Miséricorde, « Jésus, j'ai confiance en toi ».
Amen.
Père Patrick Fauries