Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie jour de Pâques

Homélie jour de Pâques

Dimanche, 5 Avril 2026

Nous pouvons être comme ses disciples, avoir du mal à croire, en croire en la résurrection du Seigneur. « Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas compris que selon l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts ». Les Écritures, comme nous l'avons entendu cette nuit avec le livre de la Genèse, le livre d'Isaïe, de l'Exode, d'Ézéchiel, les prophètes ont annoncé la venue du Messie, le Sauveur.

Les disciples de Jésus, qui entouraient le Seigneur pendant trois années, ont vu ces actes qu'ils posaient jour après jour, ont entendu ces paroles. Ils connaissaient bien les textes de l'Ancien Testament, l'annonce du Messie. Mais combien de fois Jésus les a préparés à son départ vers le Père, combien de fois il leur a inculqué, leur parlé de ce qu'il y a au-delà de cette vie terrestre ? Aujourd’hui, l'évangéliste Jean nous le dit.

En voyant le tombeau vide, Jean « vit et il crut ». Il crut pleinement à cette résurrection du Seigneur. Il voit de ses yeux et il croit.

Jésus dira à saint Thomas plus tard après la résurrection, quinze jours après, quand il apparaîtra de nouveau, « Heureux ceux qui croient sans avoir vu, soit plus incrédule, soit croyant ». Dans la première lecture, avec les Actes des apôtres, les disciples ont reçu pleinement l'Esprit-Saint. Nous sommes soixante jours après Pâques là, Pierre témoigne de cette puissance du Christ. Mais il témoigne surtout que le Seigneur est venu nous donner le pardon.

Lors de sa mort sur le bois de la croix a jailli de l'eau et du sang. Les Pères de l'Église ont vu à travers cela le baptême. Le baptême où nous recevons pleinement le pardon de nos péchés, de la racine du mal qui est en nous pour entrer pleinement dans la vie éternelle.

Mais ce n'est pas le tout de recevoir le baptême. Pierre le dit bien qu'il faut maintenant recevoir le pardon de nos péchés. Continuellement, dans notre quotidien, nous n'agissons pas en sainteté loin de là.

Donc nous avons besoin d'être renouvelés de la miséricorde de Dieu, d'être renouvelés de cet amour infini qui vient nous relever et qui va nous aider. Cet amour va nous aider, comme nous l'avons entendu dans la lecture de Saint Paul, à être ce levain, ce levain dans la pâte. Le levain dans la pâte, c'est cette fermentation qui va faire gonfler la pâte pour qu'elle soit belle, et après la passer au four et ensuite la déguster.

Pour nous, chrétiens, c'est pareil. Donnez le goût de Dieu là où nous sommes. Être ce levain dans la pâte, un levain qui est caché dans une montagne de farine, parce que le levain il en faut très peu, autrement ça déborde partout et puis ça fermente et la pâte n’est plus bonne.

Nous sommes ce levain caché dans le monde. Par notre timidité au nom de la laïcité, et je répète, de la fausse laïcité.

Nous sommes vraiment ce levain, ce petit levain dans notre monde, dans notre société. Même si nous ne pouvons pas parler, témoigner en parole, nos actes que nous posons, diront quelque chose de Dieu. Pour dire quelque chose de Dieu, pour être ce levain dans la pâte, il faut vivre cette relation au Christ.

Pour dire je crois, comme Adam cette nuit qui a reçu le baptême, pour dire je crois, il faut faire la rencontre avec le Christ ressuscité. Hier soir dans l'Évangile, Jésus est apparu aux femmes pour leur dire, dites à mes disciples qu'ils partent en Galilée, car c'est là où ils me verront. Jésus apparaîtra aux disciples quelques jours après, parce qu'entre Jérusalem et le nord d'Israël, il y a quelques kilomètres à faire à pied, mais ils vont le rencontrer, ils vont le voir.

Pour nous c'est pareil aujourd'hui. Cherchons à rencontrer le Christ à la fois dans notre prière personnelle, de chaque jour. Ce n'est pas de temps en temps quand j'y pense.

Quand on a un ami ou une amie, surtout vous mesdames, vous aimez bien téléphoner, et ce n'est pas pour dix minutes généralement, quand vous téléphonez à une amie, vous lui racontez toute votre vie, même si elle la connaît. C'est pareil avec le Christ. Nous devons prendre du temps avec Lui, lui téléphoner, même si nous ne décrochons pas tout le temps, même si avec nos portables on se croit indispensable à décrocher de suite, et que nous ne le faisons pas, lui le Seigneur décroche, parce qu'il est continuellement présent à nos côtés, et il cherche cette relation intime avec nous, une relation d'amitié.

Plus nous nous unirons à lui, plus nous chercherons cette relation, plus nous verrons dans notre quotidien des changements, et le Seigneur nous aidera à être son témoin. Chercher le Seigneur, c'est comme aujourd'hui, venir à la messe, vivre l'esprit communautaire, et de cet esprit communautaire, c'est aussi chercher le Christ là où nous sommes dans notre quotidien, dans notre lieu de travail, dans notre lieu de vie, quand nous allons faire les courses, quand nous sommes au sein de la création, en train de se balader pour les chasseurs, pour les pêcheurs, quand nous faisons du jardinage, ce sont des moyens au sein du cosmos pour trouver le Christ ressuscité, pour le laisser nous parler intérieurement, et nous pourrons comme le dit l'apôtre Jean, « il vit et il crut », et nous pourrons dire, nous l'avons vu, même si nous ne l'avons pas vu physiquement, nous croyons parce que nous avons fait intérieurement l'expérience de Dieu.

Amen.

Père Patrick Fauries

Recherche