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Homélie jeudi Saint - la Cène
Chaque année, nous célébrons la Cène du Seigneur, en mémoire de l'Institution de l'Eucharistie. C’est la première messe que Jésus a célébrée. Nous faisons mémoire d'un grand mystère, un grand mystère de la foi catholique, un mystère qui nous plonge pleinement en Dieu, le Dieu d'amour. C'est par amour pour nous que Jésus va vivre trois choses importantes pendant ces trois jours saints.
La première en se donnant en nourriture, la deuxième, le Vendredi Saint, en s'offrant sur le bois de la croix, la troisième, le Samedi Saint, entre la nuit de samedi à dimanche la Résurrection.
Comme il y a deux milles ans, Jésus célèbre la fête de la Pessah, la Pâque juive. Cette année, la fête de la Pessah tombe en même temps que notre Pâques, comme il y a deux milles ans. Nous sommes en communion avec nos frères juifs dans la foi, parce que demain, ils vont célébrer la Pessah. Au cours du repas de la Pessah, Jésus entouré de ses disciples, va donner des paroles d'Institution en disant « vous ferez cela en mémoire de moi ».
Nous avons l'agneau, nous avons les pains sans levain, nous avons les herbes amères, on mange le bâton à la main, en sandales. L'heure est arrivée, nous devons partir en hâte. C'est parce qu'ils sont hâtifs de partir, de quitter l'Égypte, le pays de l'esclavage, sur la promesse de Dieu qu'il a faite à Moïse, de les conduire vers la terre promise.
Ils n'ont pas le temps que le pain soit levé. C'est pour ça que c'est du pain azyme. L'agneau de la Pâque, l'agneau pascal, sans tâche, sans défaut, c'est aussi l'agneau du sacrifice, de l'offrande mais aussi de la réconciliation.
Réconciliation, parce que le peuple, en étant pendant des décennies en Égypte, s'était détourné du Seigneur. L'agneau de la Pâque, va devenir l'agneau de la réconciliation. Le sang sur les portes, c'est aussi le sang de la purification.
L'agneau est à la fois l'agneau de la réconciliation et de la purification. Et ils vont partir en hâte vers la terre promise, c’est la Pâque du Seigneur.
La Pâque veut dire passage. Samedi, lors de la veillée pascale, nous approfondirons qu'est-ce que c'est cette Pâque. Jésus, 1500 ans après cette révélation, cette libération du peuple hébreu, va célébrer la Pâque avec ses disciples.
Il est à Jérusalem. La table est mise. Il y a le pain, il y a le vin.
Il y aura cinq pains et trois coupes de vin. Ce qui est très beau, Jésus va prendre le dernier pain pour le présenter au Seigneur, il va prononcer des nouvelles paroles. « Ceci est mon corps, faites cela en mémoire de moi ». Quand il prendra la troisième coupe, il la présentera au Seigneur et il dira « Ceci est mon sang, versé pour la multitude, faites cela en mémoire de moi. » Il donne le pain et il donne la coupe qu’il partage avec ses disciples. En célébrant l'Eucharistie « action de grâce », l'action de grâce de la vie du Christ sur terre, cette vie d'amour qui nous prouvera le lendemain, en se donnant pleinement sur le bois de la croix pour mourir, par amour pour l'humanité tout entière, pas simplement pour un groupe de croyants, mais pour tous les hommes et toutes les femmes au fil des millénaires.
A chaque eucharistie, le prêtre redit les paroles de consécration. Ce n'est plus du pain ou du vin que nous avons sur l'autel, c'est pleinement son corps et son sang. Le pain et le vin restent avec leur propre substance, mais pendant la consécration, nous allons vivre la transsubstantiation. Ça veut dire que le pain et le vin vont être transcendés par l'Esprit d'amour du Christ quand le prêtre impose les mains au-dessus du pain et du vin et ils vont devenir pleinement le corps et le sang de Jésus. Quand nous recevons entre nos mains ou dans la bouche le corps du Christ, nous recevons pleinement cette présence réelle en nous. Nous avons à demander au Seigneur qui vient ouvrir notre cœur pour vivre cet amour. Son don d'amour qui nous invite à vivre à notre tour, cette unification en nous-mêmes et faire cette unité d'amour entre nous ; l'amour, la charité, la fraternité.
Jésus seul peut nous aider et nous aide à vivre cette union à la fois en lui et entre nous. Puis nous avons eu dans cet extrait de l'évangile, le lavement des pieds. Jésus, parce qu'il est l'amour par excellence, parce qu'il se donne, nous montre l’exemple comme à ses disciples de se laver les pieds.
C’étaient les esclaves qui l’avaient à l'époque, les pieds des visiteurs quand ils entraient dans une maison, parce qu'ils étaient en sandales ou pieds nus, généralement en sandales s'ils étaient invités, et donc ils avaient les pieds sales. On leur lavait les pieds avant d'entrer dans la demeure. Jésus va se rabaisser comme il se rabaissera au bois de la croix, comme un esclave, un bandit. Au cours du repas, il va se rabaisser jusqu'à la position d'esclave, pour être un serviteur parmi les serviteurs. Un acte d'humilité que Jésus fait à ce moment-là.
Dans cet acte d'humilité, il nous partage ce qu'il y a de plus grand en lui, sa plus grande richesse, qu’est l'Amour. Un amour qui guérit, nous donne la vie, nous rend libre.
Amen.
Père Patrick FAURIES