Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie du mercredi des Cendres

Homélie du mercredi des Cendres

Mercredi, 18 Février 2026

Chaque année, nous célébrons le mercredi des Cendres. Une démarche personnelle, une démarche collective, une démarche de conversion. La conversion veut dire un retournement sur soi-même à 364 degrés. Ce retournement doit impliquer un changement dans le quotidien de notre vie. Dans notre manière d'être, et cette manière d'être aura des répercussions autour de nous.

Le livre de Joël est un appel à la conversion. Joël, c'est le plus petit livre de la Bible. Aujourd'hui il nous invite à tourner notre cœur vers le Seigneur. Dans cet extrait de l'Évangile selon saint Matthieu, Jésus s'adresse à une population qui n'est pas la nôtre aujourd'hui. Mais il trouverait aussi des exemples, soit au sein de la société ou soit au sein de la communauté chrétienne.

Dans notre manière d'être. Jésus dénonce en disant hypocrite tous les Juifs qui portaient des phylactères, et qui portent encore des phylactères, mais qui se préoccupent plus de leur apparence, à savoir est-ce qu'il est bien mis le phylactère, est-ce que mon chapeau est bien positionné, etc., et qui se détournent de l'essentiel. C'est pour cela que nous avons trois mots forts, aumônes, prières et jeûnes, trois mots forts qui impliquent tout notre être à une démarche, une démarche spirituelle. Cette démarche spirituelle, nous allons essayer de la creuser ensemble.

Je dirais, même si la prière est au milieu de cet extrait, il faut commencer par elle. La prière, c'est chercher cette relation de ce cœur à cœur avec le Christ, avec Jésus, avec son Père. Il nous le dit bien, « retire-toi dans la pièce la pluie retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret, ton Père voit dans le secret, te le rendra ». Ce n'est pas cherché à être individualiste, mais c'est cherché d'abord à vivre personnellement la rencontre avec le Christ, et de cette rencontre va découler le jeûne.

En méditant ces lectures, par rapport au jeûne, je souriais tout seul, parce que c'est à la mode depuis quelques années, jeûner pour désintoxiquer notre corps, notre esprit, et je rajoutais aussi en même temps, peut-être aussi la bêtise humaine, mais certains ne jeûnent pas assez. , le jeûne que Jésus nous invite de pratiquer, ce n'est pas chercher le bien-être intérieur, même si c'est bon de jeûner, parce qu'à l'époque, il jeûnait de temps en temps exprès pour laisser le corps au repos, comme les terres. C'était prescrit dans la loi qu'il fallait essayer de reposer la terre exprès pour ne pas ressemer d'affilée, pour ne pas épuiser le sol. Le jeûne, pour nous aujourd'hui, si nous jeûnons, qu'allons-nous faire à la fois de l'argent que nous aurons économisé, et ce temps que nous ne passerons pas à table, l'utiliser abonescient donc prendre plus de temps pour ouvrir la parole de Dieu à la maison et la méditer, parce que c'est de la Parole de Dieu que va découler notre action.

Le troisième mot l'aumône. C'est partager ce que je peux avec celui qui a besoin. Mais là aussi, Jésus le dit, de ne pas faire sonner de trompettes devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle.

Nous avons plusieurs façons, plusieurs manières de partager ce que nous avons, et combien dans notre société, il y a des lieux, et nous en parlerons lors de la soirée du bol de riz. Donc, cette démarche de ce soir, c'est l'ouverture du cœur, mais pas simplement pendant les 40 jours, c'est toute l'année que nous devons vivre cette démarche de conversion. Comme je le disais dans la prière d'ouverture, avec le carême, nous entrons dans le combat spirituel pour lutter contre l'esprit du mal.

L'esprit du mal, il est à la fois autour de nous, mais depuis la désobéissance de Adam et Ève au moment de la création, le péché est entré dans l'homme. Donc il faut combattre là aussi ce mal qui est en nous, provoque des faiblesses, de blesser notre prochain. Alors je ne vais pas énumérer toutes les manières dont nous pouvons blesser notre prochain, chacun de nous le savons, nous savons très bien comment on peut faire, mais ce temps de carême, ça peut être aussi ce temps de conversion dans notre manière d'être, en premier les uns envers les autres dans la communauté chrétienne.

« Jésus le dira à ses disciples, c'est à l'amour que vous aurez les uns envers les autres qu'on vous reconnaîtra comme mes disciples » Jn 13,35.  2000 ans après, cette Parole doit retentir en nous. Bien sûr, c'est une parole qui dérange, parce qu'on a plus vite fait de critiquer que de dire du bien.

Ou si nous disons du bien, ne jouons pas les hypocrites, parce que nous ne le pensons pas. Ce soir dans votre chambre, vous demandez à Jésus avec humilité, qu'il vous montre là où vous péchez.

Une recommandation, accrochez- parce que le Seigneur, lui, il ne fait pas dans la dentelle, il n'est pas hypocrite. Il dit directement les choses. Ce temps de carême va nous aider et pour notre communauté, à grandir dans cette charité fraternelle et qui découlera après autour de nous, dans la société. Demandons cette grâce au Seigneur, la grâce de l'humilité, de se reconnaître pécheur et de chercher avec lui comment changer notre attitude, notre regard. Amen.

Père Patrick Fauries

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