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Homélie du 3e dimanche de l’Avent
Nous sommes dans le dimanche de la joie. Les lectures que nous venons d'écouter, il y a à la fois, de l'attente et une forme d'inquiétude. La première lecture avec le prophète Isaïe, nous donne une dimension d'espérance. Croire que des jours nouveaux vont jaillir, vont naître. Nous pourrions nous dire que nous pouvons transposer ces lectures pour notre monde d'aujourd'hui, dans notre actualité.
Une actualité chamboulée, comme je vous le dis chaque dimanche, mais encore plus précisément aujourd'hui. L’actualité au niveau national et international, tous ces pays qui sont à la fois en guerre, sous tension. De là, il faut que jaillisse une parole de joie, une parole d'espérance pour dire qu'un monde nouveau plus fraternel arrivera mais il faut y croire pour le faire advenir.
La lecture du prophète Isaïe d'aujourd'hui, ou nous sommes au VIe siècle avant Jésus-Christ. Nous parle du peuple hébreu qui est en exil à Babylone. Il va y rester pendant 50 ans.
Le prophète Isaïe, dans ce moment difficile, annonce quand même une parole de joie, une parole d'espérance pour dire que le Seigneur va faire vengeance. Un mot fort, qu’ il ne faut pas l'entendre comme nous nous l'entendons aujourd'hui.
Ce n'est pas se venger de quelqu'un qui nous a fait du mal. La vengeance au sens biblique, est une parole de renouveau positif.
« Le désert et la terre de la soif,qu’ils se réjouissent !
Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! »
Il y a tout un renouveau qui va germer, qui va venir. C’est cela, la vengeance de Dieu. La vengeance de Dieu, c'est de dire que l'amour existe, que la fraternité existe et qu'elle va naître.
50 ans après l'exil à Babylone, le peuple reviendra chez lui. Mais ce qu'il va vivre pendant cet exil, nous pourrions le transposer à ce qu'ont vécu, nos ancêtres lors des guerres mondiales, pour les prisonniers actuels, la difficulté, la dureté. Les exégètes disent que c'est presque la même chose qu'ont vécu le peuple hébreu à Babylone pendant cette persécution.
Dans l'Évangile, Jean le Baptiste nous fait comprendre qu'il ne connaît pas Jésus. Jean le Baptiste a rencontré Jésus. Lors de la Visitation quand les deux enfants étaient dans le ventre de leur mère, il y a eu une connexion, une communion à ce moment-là. La deuxième rencontre, lors du baptême de Jésus par Jean le Baptiste.
Dans cet extrait de l'Évangile selon saint Matthieu, Jean le Baptiste envoie ses disciples. Lui, il est en prison. Nous pouvons vraiment situer que c'est vers l'an 28, car nous avons les écrits romains qui précise que vers l'an 28, Jean le Baptiste était emprisonné.
Jean le Baptiste va envoyer ses disciples se renseigner au sujet de cet homme par rapport à tout ce qu'il fait et tout ce qu'il dit. Comme nous l'avons écouté la semaine dernière, un prophète est habillé en peau de chameau, il mange des sauterelles et du miel.
Parce que Jean le Baptiste est un grand prophète. Jésus-Christ, qui est le fils de Dieu, le Messie, à la fois le grand prêtre, le roi et le prophète, mange et boit avec les pêcheurs.
On va le traiter de glouton et d'ivrogne. Donc, il n'a pas cette dimension d’ascète . Il est habillé, on va dire, normalement, même s'il a une simple tunique, a priori, mais il n'est pas en peau de chameau, il ne mange pas de sauterelles et du miel.
Jean le Baptiste est un peu déboussolé. Il ne sait pas trop, il ne sait plus trop. Ce que va dire Jésus, quand les disciples vont lui demandé « Es-tu celui qui doit venir ? » ou « Devons-nous en attendre un autre ? » « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez.»
Il témoigne non pas par des grands discours, même s'il a fait des discours, pris la parole, mais par le témoigne de ses actes. Il témoigne par ses actes. Voyez et allez rendre témoignage.
Et à ce moment-là, Jean le Baptiste est en prison et Jésus va entrer pleinement dans sa vie publique. Ça veut dire qu'il va commencer son ministère en partant vers la Galilée.
La Galilée, à l'époque, c'était le carrefour des nations païennes. C'est de là où partaient toutes les marchandises. Pour simplifier, pour bien s'imaginer, toutes les marchandises qui partaient dans le monde entier.
Donc c'était un lieu important. La Galilée, carrefour des nations. Jésus, là aussi, va à la fois annoncer la bonne nouvelle, il va réaliser des miracles et aller vers les brebis perdues de son peuple.
Non plus se tourner vers le peuple de la première alliance, de la première promesse, mais maintenant, par cette dimension de la Galilée, cette dimension internationale, nous dirions aujourd'hui, la Parole de Dieu, elle est donnée pour tout le monde. Et cette parole, elle va se concrétiser par des actes. Aujourd’hui, nous devons annoncer à temps et à contre-temps la parole du Seigneur, mais pas simplement en parole. Parce que c'est facile de faire des discours, le plus difficile, c'est de poser des actes, Jésus le dira.
La manière dont nous comportons déjà, premièrement, les uns envers les autres, dans la communauté chrétienne, dans l'Église. Voyez comme il s'aime. C’est à ce moment-là que nous rendons pleinement témoignage à la parole du Christ pour dire que Dieu est amour.
Si Dieu est amour, ça veut dire que cet amour de Dieu est en nous, habite en nous. Si cet amour nous fait vivre; nous avons le désir et l'envie de le partager. Donc, demandons cette grâce au Seigneur au cours de cette Eucharistie, d'être à la fois disciples de Jean le Baptiste, qui viennent chercher, voir qui est cet homme. Comme le Christ est en nous, avec le Père et l'Esprit Saint depuis notre baptême, ayons ce désir de l'annoncer.
Amen.
Père Patrick Fauries