Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie du 1er dimanche Carême A

Homélie du 1er dimanche Carême A

Dimanche, 22 Février 2026

Aujourd'hui avec le premier Dimanche de Carême, nous avons cet épisode de Jésus et la tentation dans le désert. Jésus vient d'être baptisé et l'Esprit le conduit directement dans le désert, dans un lieu aride. Les deux autres évangélistes, Luc et Marc, nous parlent aussi de ce récit, de cet événement, sauf l'évangéliste Saint Jean qui est un évangile plus spirituel, un peu différent des autres.

Mais du fait que les trois premiers évangélistes relatent ce récit, nous dit la véracité du texte. Jésus a bien vécu cet événement. Avec les lectures de ce jour, nous avons deux récits de tentation. Le premier, le livre de la Genèse et puis cet extrait de l'évangile selon Saint Matthieu.

Première tentation, dans le livre de la Genèse, Adam et Ève vont se laisser soudoyer par l'esprit du mal, le diable, qui se transforme comme un serpent, ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance. Puis, dans l'évangile, nous avons ces trois tentations qui sont faites à Jésus. Chaque fois, Jésus  va répondre par une Parole de l'écriture, une Parole de la Bible, pour combattre le mal.

Dans ce récit, ces trois tentations, nous pouvons nous-mêmes nous y retrouver. La tentation de la nourriture « ordonne que ses pierres deviennent des pains ». La tentation de se jeter en bas, « si tu es le fils de Dieu, jette-toi en bas », car il t'écrit, « il donnera pour toi des ordres à ses anges, ils te porteront sur leurs mains ».

Puis, la tentation de dominer, le pouvoir. « Le diable l'emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Tout cela, je te le donnerai ».

Nous avons la quête du pouvoir, la quête d'avoir de plus en plus de biens matériels, de plus en plus de soif de posséder. C'est la même chose pour le livre de la Genèse, avec « Ne pas manger de l'arbre de l'intelligence », parce que c'était ce péché qui allait engendrer après ce désir de vouloir posséder, de ne plus se laisser conduire par l'Esprit du Seigneur à ce moment-là. Dans la seconde lecture, Paul nous parle de Jésus-Christ et Jésus qui est configuré à ce nouvel Adam, le premier Adam qui s'est laissé soudoyer par l'arbre de la connaissance.

Comme je vous le disais dimanche dernier, si dans la nature humaine, notre nature est bonne, il n'y a pas le péché, il n'y a pas le mal, mais le mal est extérieurement arrivé à la nature humaine. Donc, comme dit Paul, c'est par un autre Adam, par un autre homme, que la justice va éclater d'une certaine manière et que nous allons être sauvés, c'est Jésus-Christ.

Jésus-Christ, nous en reparlerons au moment de Pâques l'Agneau Pascal, l'agneau sans tâche, qui va être offert en sacrifice, non pas sur l'autel comme un agneau, mais sur le bois de la croix, pour que nous puissions être sauvés à la fois du mal, du péché, et que nous puissions vivre pleinement et accueillir la vie éternelle. Donc, dans le livre de la Genèse, c'est Adam et Ève qui ont été sujets à la tentation. Jésus lui-même a été sujet lui aussi de la tentation au désert.

Mais ce combat qu'il a vécu, c'est un combat avec deux sagesses, à la fois la sagesse divine et puis la sagesse des hommes, parce que le tentateur va le tenter sur le plan humain. Jésus-Christ est à la fois vrai homme et vrai Dieu. Mais c'est sur le plan humain qu'il va être tenté et qu'il va combattre, parce qu'il combat pour nous à ce moment-là.

Ce combat, comme nous le disons dans une antienne, au début du carême, « avec Jésus-Christ entrons dans le combat de Dieu ». Ce n'est pas combattre contre Dieu, mais c'est avec Dieu que nous combattons l'esprit du mal. C'est là où nous pouvons nous appuyer avec Jésus, quand nous avons ces diverses tentations qui sont autour de nous, en nous.

Ces 40 jours dans le désert, c'est analogue aux 40 ans que le peuple hébreu a vécu aussi dans le désert. Ils ont eu faim, ils ont eu soif et puis ils ont eu cette tentation de créer de nouveau une idole, un veau d’or. Je vous invite à relire le livre de l'Exode, dans l'Ancien Testament, pour reprendre tout ce récit pendant ce temps de carême.

Parce que quand nous célébrerons Pâques, nous célébrerons tout ce cheminement, la sortie du peuple hébreu de l'Égypte vers la terre promise, en passant par l'épisode des 40 ans dans le désert. Jésus nous le dit lors de la tentation de pouvoir dominer, posséder. C'est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras.

A lui seul, tu rendras un culte. Aujourd'hui encore, nous avons cette tentation de nous créer nos propres divinités, nos propres idoles, de nous sentir raccrochés à quelque chose de visible. Bien sûr, le Père, le Fils et l'Esprit Saint, ces trois personnes de la Trinité, c'est par la foi que nous croyons et ils sont invisibles, sauf Jésus Christ qui a vécu il y a 2000 ans.

C'est dans notre relation personnelle avec ces trois personnes de la Trinité que nous pouvons, d'une certaine manière, les rendre visibles dans notre quotidien et surtout bien leur demander de l'aide. Alors quand le tentateur est présent, quand le diable est présent dans nos vies autour de nous, il faut dire comme Jésus l'a fait avec ses propres paroles, arrière Satan. Il n'est pas devant le Seigneur le diable, il est derrière et il est à sa bonne place.

Sa place, elle est à l'arrière de Dieu et non pas devant Dieu. Dieu s'est l'amour, Dieu s'est la paix, Dieu s'est la joie. Le tentateur, le mal, c'est le mal, vous savez mieux que moi ce que c'est, il est à l'arrière de nous.

Demandons au cours de cette eucharistie, la grâce au Seigneur d'avoir cette force et ce discernement de le voir autour de nous et la force en ce temps de carême- parce toujours au moment du carême que nous pouvons nous sentir plus dans le combat avec le mal-, cette grâce au Seigneur d'avoir cette force de discerner et de le combattre. Amen.

Père Patrick Fauries

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