Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie de la veillée pascale

Homélie de la veillée pascale

Samedi, 4 Avril 2026

Nous sommes dans la grande nuit attendue, la nuit de la résurrection. « La lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée » Jean 1,5. Depuis hier après-midi où Jésus était crucifié, où il est mort sur le bois de la croix, jusqu'à cette nuit Sainte, Jésus est descendu aux enfers.

C'est-à-dire, pour les Juifs, c'est le Shéol, la mort qui est en dessous de la terre. Il est descendu au plus profond de la terre pour aller chercher, depuis des millions d'années, les premiers hommes, le premier Adam, la première Ève, pour les amener à la pleine lumière avec lui dans sa résurrection. Nous avons écouté un extrait du livre de la Genèse, un livre poétique, un livre pour nous expliquer comment le monde fut créé.

Il fut créé par la Parole créatrice de Dieu. La Parole, le Verbe de Dieu, l'action de Dieu. Dieu dit et la parole se réalise.

Cette Parole, le verbe de Dieu qui est Dieu, Jésus qui s'incarnera des millénaires après. Cette année, les Juifs aujourd'hui, la communauté juive, fête la Pessah, la Pâque juive, comme il y a 2000 ans.

Il y a 2000 ans, quand sus a célébré la fête de la Pâque le jeudi soir, la veille de sa mort, jeudi Saint, c'est là où il a transformé le pain et le vin par des paroles nouvelles au cours du repas. Le pain et le vin sont devenus son corps et son sang. Le peuple Israël fête chaque année cette Pâque.

Pâque, ça veut dire le passage. Le passage entre le pays de l'esclavage l'Égypte, vers la terre promise. Dieu a été un guide, un guide pour sortir de ce pays d'esclavage.

Nous l'avons entendu dans le récit de l'Exode, comment Dieu a guidé Moïse pour qu'il passe à travers ses eaux. Pour nous, c'est pareil aujourd'hui. Chaque jour, ça peut être une nouvelle Pâques pour nous, un nouveau passage vers une nouvelle vie, un nouveau commencement rempli d'espérance avec Jésus-Christ.

Puis nous avons écouté les prophètes, les prophètes qui ont annoncé la venue du Christ au fil des millénaires. Isaïe nous transmet le message de Dieu, un message de confiance. Sa Parole vient nous visiter, visite son peuple.

Sa Parole vient transformer, mais elle vient transformer le cœur qui désire se laisser habiter par Dieu. Suivre le Seigneur, ce n'est pas facile. Au long des millénaires, sa confiance en son amour a été décevante par rapport au peuple.

Mais le Seigneur persiste et il redit qu'il a confiance en son peuple et qu'il est présent, qu'il se rend présent. Il y a ce beau livre d'Ézéchiel, cette eau pure qui viendra purifier. Là aussi, nous connaissons cette démarche, cette purification par le baptême.

Cette étape, c'est le bain pour nous de la renaissance en Dieu, en Dieu trinitaire, Père, Fils et Saint-Esprit. Aujourd'hui, Adam a mis son maillot de bain pour plonger dans quelques minutes dans le bain du baptême. Le baptême nous lave du péché originel, la racine du mal, comme nous l'avons entendu, avec la tentation de la pomme d'Adam.

Nous sommes avec le Christ par le baptême, nous sommes morts avec le Christ pour renaître à une vie nouvelle en lui. Là est notre espérance et nous devons continuellement, nous devrions avoir continuellement avoir des visages de ressuscité de Pâques. Parce que nous sommes déjà ressuscités avec lui. Dans cet extrait de l'Évangile selon saint Matthieu, nous avons le tombeau qui est vide, la résurrection a vaincu la mort, le Christ est pleinement ressuscité.

Il y a un grand tremblement de terre, ça veut dire manifestation de Dieu, mais là ce n'est pas particulièrement Dieu qui vient se révéler, mais c'est un ange. Nous pouvons penser que cet ange est l'envoyé de Dieu. Un ange particulier parce que par sa venue, il y a cette manifestation. Il va s'asseoir sur le rocher, nous dit saint Matthieu.

Les exégètes disent, avec un peu d'humour, l'ange, la pierre est roulée,  l'ange qui vient s'asseoir sur la mort. Le mort peut sortir parce que la pierre est roulée, le mort ne sortira pas parce qu'il est ressuscité. Jésus va apparaître à ces femmes, et il va les envoyer en mission, annoncer sa résurrection, à le rejoindre en Galilée, Carrefour des nations païennes .

Grand carrefour à l'époque où partaient les navires vers tous les continents du monde entier. Point stratégique pour l'annonce de la bonne nouvelle, pour que la Parole puisse parcourir toute la terre. Pour nous, c'est pareil aujourd'hui.

Le Christ nous envoie en mission, et dans quelques minutes, il enverra pleinement Adam, à son tour, en mission. Être baptisé, ce n'est pas rester les bras croisés, attendre que le temps passe. Être baptisé, c'est là où nous sommes, témoigner de cette présence du Christ qui est en nous.

Seul Jésus Christ vient nous unifier intérieurement, et vient aussi faire l'unité autour de nous. C’est ce que nous célébrons à chaque Eucharistie. Dans cinquante jours, les apôtres et les femmes qui seront avec eux, dans la chambre hôte, recevront la plénitude de l'Esprit-Saint, la confirmation pour être témoins.

Ils vont être remplis de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science, de piété, et la crainte de Dieu sera en eux. C'est ce qu'aujourd'hui va recevoir pleinement Adam, les trois sacrements de l'initiation chrétienne, au cours de cette célébration. Puis nous avons dans notre assemblée les futurs confirmants, qui seront confirmés le jour de Pentecôte.

Si nous ne sommes pas confirmés, pas baptisés, il n'y a pas d'âge pour recevoir ce sacrement. La confirmation, je dirais, c'est la cerise sur le gâteau pour être pleinement adultes dans la foi et pleinement recevoir les sept dons de l'Esprit qui nous envoient pour l'annoncer là où nous sommes.

Amen.

Père Patick Fauries

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