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Homélie de la fête du saint Sacrement Corps et Sang du Seigneur
Aujourd'hui, en fêtant la fête du corps et du sang du Seigneur, nous célébrons comme l'a dit le Concile Vatican II : « La source et le sommet de la vie chrétienne. » Il n'y a pas plus haut, plus fort qu'en vivant cette dimension mystique de recevoir le corps et le sang du Christ, mais aussi d'accueillir, d'entendre ensemble la Parole de Dieu.
Dimension mystique, dimension mystérieuse qu'on ne peut pas comprendre pleinement intellectuellement, même si les théologiens essaient de mettre des mots qui vont compliquer la signification de Qui nous recevons pleinement entre nos mains et en nous, le corps du Christ. Cette dimension mystique, mystérieuse, nous devons l'accueillir avec l'intelligence du cœur en premier, ne pas chercher un ressenti, mais accueillir pleinement le corps, la présence du Christ en nous qui va nous inviter, comme nous l'avons entendu dans la deuxième lecture, à former le corps du Christ. Saint Paul, le grand missionnaire, témoignera et dira dans ses lettres cette composition du corps du Christ.
Chacun d'entre nous, nous sommes un membre du corps. Nous pouvons être le pied, la main et la tête restera toujours le Christ qui impulsera à son église sa mission, comment le rayonner. En venant à la messe, nous venons recevoir le corps du Christ comme nourriture, une nourriture qui va nous nourrir intérieurement spirituellement, qui va nous donner cette force de marcher avec lui, avec Jésus, mais aussi de marcher communautairement.
C'est pour cela qu'on ne reçoit pas le corps du Christ, sauf si nous sommes souffrants, et encore c'est une personne qui va nous l'apporter, mais nous ne recevons pas le corps du Christ individuellement. C'est toujours communautairement pour former le corps du Christ et pour avoir ce désir intérieur de faire communauté, de se rassembler. Dans la première lecture le peuple hébreu qui avait quitté le pays de l'Égypte de l'esclavage pour aller vers la terre promise a traversé ses 40 années dans le désert. Le désert, un temps de dépouillement, un temps de réflexion. À un moment donné, ils n'avaient plus rien à manger, ils se sont tournés vers Moïse, qui s'est fait l'interlocuteur entre le peuple et Dieu. Il a demandé au Seigneur de la nourriture. Puis, il y a eu cette rosée, comme tous les matins.
La rosée dans le désert, elle se fait avant que le soleil se lève, il y a une croûte qui se forme. Scientifiquement, ça a été reconnu que cette croûte, est la manne. Cette manne, nous ne pouvons pas la conserver, il faut la manger tout de suite, autrement elle pourrit.
Le peuple s'est nourri de cette manne au désert pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'ils en aient marre et qu'ils se plaignent de nouveau, et après, ils auront des oies sauvages qui passeront, et ils auront de la viande. Nous sommes vers l'an 1700 avant Jésus-Christ. Déjà, du temps avec Moïse, le peuple se plaignait, un coup ça va, un coup ça ne va pas, comme nous aujourd'hui, ça ne change pas. Nous avons cette première nourriture, la manne. Dans l'Ancien Testament, Dieu s’est révélé comme un Père. Puis, la naissance de Jésus-Christ, il va nous dire qu’il est le Fils de Dieu, Dieu fait homme, Dieu qui prend cette condition humaine pour se rapprocher de nous. Avec une mission, être le sauveur du monde, le Messie, tant attendu par le peuple hébreu, par le peuple juif. La mission du Christ sera de donner sa vie par amour pour nous sur le bois de la croix, pour que nous puissions avoir le pardon de nos péchés et la vie éternelle.
Jésus-Christ mort sur le bois de la croix, le vendredi saint. La veille, le jeudi saint, il se donnera en nourriture, en célébrant le repas de la Pâque juive, le repas du mémorial du passage de l'esclavage à la liberté. Cette Pâques nouvelle sera le passage de la mort, de notre condition mortelle à vivre la résurrection avec lui au-delà de cette vie terrestre. Le passage de la mort à la vie éternelle. Mais en célébrant la Pâque juive, Jésus, en prenant le dernier pain et la dernière coupe, rajoutera ces paroles « ceci est mon corps, ceci est mon sang ».
Le repas de la Pâque juive, deviens le repas Pascal. Ce que nous célébrons aujourd'hui, depuis 2000 ans, la messe, l'Eucharistie. Jésus va se faire nourriture pour nous donner cette force spirituelle pour avancer dans notre monde, pour le rayonner, pour avoir cette force intérieure, se nourrir.
Comme humainement, nous nous nourrissons pour vivre, spirituellement, c'est pareil. Nous nous nourrissons aussi pour prendre des forces.
Cherchons à former le Corps de l'Église, le Corps mystique du Christ. Non pas en simple parole, mais en acte, chacun à notre manière, investissons-nous dans la vie de l'Église, pour la faire rayonner et vivre de Jésus-Christ.
Amen.
Père Patrick Fauries