Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie 5e dimanche de Pâques A

Homélie 5e dimanche de Pâques A

Lundi, 25 Mai 2026

Les lectures de ce dimanche peuvent nous renvoyer à notre vie actuelle, dans notre manière de penser, dans notre manière de vivre, le vivre ensemble. Nous avons ce très beau texte de Saint Jean, très riche. Il était vraiment le disciple et Jésus le maître.

Quand Jean a connu Jésus, il avait quinze ans. Jésus était le rabbi et Jean l'élève pour apprendre et découvrir la Torah. Je pense, de la manière dont il a écrit l'évangile, un évangile à part de Luc, Marc et Matthieu que nous nommons les synoptiques. Un évangile spirituel, d'une certaine profondeur que seul, Jésus a pu vraiment prendre le temps de lui expliquer, de lui enseigner.

Jésus partait prendre des temps de prière seul, Jean l'accompagnait. Il a pu percevoir la relation que Jésus avait à ce moment-là avec son Père. Nous pouvons penser le jour de la Transfiguration où Jésus est en relation entre Moïse et Élie et que la voix du Père se fait entendre, « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie, écoutez-le ». Jésus était devenu blanc, la blancheur de la pureté. Cette relation que Jésus a entretenue avec son Père régulièrement, Jean a pu le percevoir. Aujourd'hui dans cet extrait de l'évangile selon saint Jean, Jésus nous parle de la maison du Père.

C'est très rare dans les évangiles que Jésus commence à nous parler un peu de ce qu'il y a au-delà de cette vie terrestre. Il nous parle de la maison du Père où il y a plusieurs demeures. J'aime dire que déjà, ici et maintenant par notre baptême, nous sommes ressuscités avec le Christ, nous marchons déjà dans la vie éternelle.

La mort ne sera qu'une finalité en tant qu'humain, mais ce n'est pas une finalité pour nous. Comme dirait la petite Sainte Thérèse de l'enfant Jésus, « j'entre dans la vie ». « Il y a plusieurs demeures de la maison de mon Père », nous pourrions déjà dire ici et maintenant, il y a plusieurs manières aujourd'hui, dans notre quotidien, de découvrir cette relation au Christ, cette relation au Père, chaque jour d'une différente manière.

Jean aimait jouer avec le verbe demeurer, alors ce n'est pas le verbe là, c'est la demeure, le lieu, mais nous pourrions aussi le transposer avec ce verbe demeurer, c'est être avec ou être dans le Christ, selon les moments de la journée que nous pouvons vivre. Quand Jésus fait ce discours, nous sommes au jeudi saint. Il parle de cet au-delà, il parle déjà de son départ.

Dans cet extrait de l'Évangile, nous avons deux grandes figures, Thomas et Philippe. Thomas et Philippe, où nous-mêmes, nous pouvons nous retrouver dans ces deux personnages, et dans leur questionnement. Thomas, parce que Jésus dit, « pour aller où je vais, vous savez le chemin ». Autrement dit, Jésus a déjà parlé, leur a déjà expliqué un peu les choses. Thomas répond, « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Là aussi, Thomas se fait le porte-parole du groupe. Les autres écoutent Jésus, ils boivent ses paroles, ils n'osent pas l'interpeller, l’interrompre. Thomas, avec son caractère, je dirais, parce que nous le savons, quelques jours après la résurrection, Jésus apparaîtra aux onze, Thomas ne sera pas avec eux. Quand les onze lui diront, on a vu le Christ, Thomas dira, je veux le voir pour croire, et Jésus de nouveau apparaîtra et dira à Thomas, mets ta main sur mon côté, vois mes plaies, n'en sois plus incrédule, sois croyant.

Thomas se fait un peu le porte-parole du groupe, et en se faisant le porte-parole, il va permettre à Jésus d'approfondir. Mais la réponse peut avoir un petit côté dangereux. Quand nous lisons la parole de Dieu tel quel, Jésus dit « moi je suis le chemin, la vérité et la vie, personne ne va vers le Père sans passer par moi." Autrement dit, je ne suis pas baptisé, je suis non-croyant, athée d'une autre religion, comme je ne crois pas en Jésus-Christ, les portes du ciel me sont fermées, et je ne peux pas aller vers le Père. Le risque de lire la parole de Dieu littéralement, sans chercher à l'interpréter de trop ou ce qui m'arrange, ici il faut mettre Jésus à la bonne place. Quand Jésus dit, « moi je suis le chemin », ce moi, n’est pas qu'il est centré sur lui, il n'est pas égo, mais ce moi je suis, c'est ego et me, en grec, le je suis que nous allons retrouver dans Exode 3, donc Exode chapitre 3 verset 14, avec le buisson ardent. Quand Dieu se révèle à Moïse et que Moïse lui demande qui il est, et Dieu dira, je suis celui qui est.

« Je suis", Jésus va le reprendre pour dire qu'il est Dieu, Dieu fait homme. Il ne faut pas oublier que Jésus n’a pas notre état d'esprit, il n'est pas nous avec notre péché. Jésus, il est l'amour par excellence, il est l'amour parfait, pas l'amour que nous connaissons loin de là, mais nous devons tendre vers. C'est dans cet amour parfait que le Christ est venu, non pas simplement pour un groupe de personnes, un clan, avec la résurrection, nous sommes dans la nouvelle Alliance, et nous avons le deuxième commandement, « tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Jésus-Christ, comme je le disais, il est l'amour par excellence. Jésus accueille tout être humain au fil de l'histoire de l'humanité, et l'histoire de l'humanité, elle n'est pas finie. Le Christ est amour, il invite tout le monde à le rejoindre, et comme dit Saint Jean de la Croix, « à l'heure de notre mort, nous serons jugés sur l’amour .»

Il ne faut pas voir le verbe juger, comme nous le pensons. Les grands saints l'ont dit, quand nous mourrons, notre âme va être confrontée à l'amour de Dieu. L'amour de Dieu va être comme un miroir, nous allons nous voir tels que nous sommes. Actuellement, nous essayons d'être ce que nous voudrions être, mais quand nous serons face à l'amour de Dieu, il n'y aura plus de paravent, il n'y aura plus de masque, nous serons réels. Nous verrons l'amour qui est en nous, mais aussi nous verrons l'inverse, tout le péché, tout le mal qui est en nous. C'est pour cela que de notre vivant, essayons de développer tout ce sens de l'amour jour après jour, et de tendre vers cet amour parfait. J’ai envie de lire, en suivant Jean XV, où Jésus parlera qu'il est le cèpe de vigne, et que nous sommes les sarments. Il nous dira d'être rattaché à lui, pour vivre de Lui. Philippe a cette question. Jésus parle du Père, Philippe pose la question, « Seigneur montre nous le Père .» Il n'a pas compris, il n’a pas écouté Jésus, lui parler du Père. Jésus va développer  cette relation. Avec la première lecture des Actes des Apôtres, il n'y a non pas un conflit, mais c’est juste. « Les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien » Commence, les conflits, parce que les apôtres, « ne peuvent pas être au four et au moulin. »  Ils ont cet attachement à la prière, et à transmettre la Parole de Dieu, et à célébrer les sacrements. Le conflit, il faut s'occuper des veuves. Elles n’ont pas le droit de travailler, si elles n’ont pas d’enfant, elles vivent de mendicité. L’Eglise va se hiérarchie de l’Eglise. Le ministère des diacres va voir le jour.  Etre au service des tables, s'occuper des plus pauvres, des plus démunis, s'occuper de ceux qui en ont besoin, gérer le partage du bien commun, comme nous avons pu l'entendre dans les textes des Actes des apôtres ces derniers dimanches, où ils mettaient tout en commun, où il y a toute une organisation qui se met en place.

Jésus nous montre le visage de son Père, et en même temps, il nous envoie au service des uns des autres. Aujourd'hui, pendant cette Eucharistie, demandons au Seigneur qu'il nous montre comment nous pouvons être au service de l'Évangile, au service des uns des autres, au service de l'Église, mais aussi au service dans la communauté, dans la société.

Amen.

Père Patrick Fauries

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