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Homélie 4e dimanche de carême
Aujourd'hui, nous avons ces textes de la parole de Dieu qui nous invitent à réfléchir par rapport à l'humilité. L'humilité, c'est d'accepter qu'un plus grand que nous nous aide à cheminer en ce monde. Nous avons l'entraide des uns des autres, mais la plus grande entraide, c'est Jésus-Christ.
Cela veut dire se tourner vers le Seigneur continuellement pour lui demander comment vivre notre action dans le monde d'aujourd'hui. Pour cela, il faut ouvrir notre cœur et je dirais les yeux du cœur. Aujourd'hui, avec cet extrait de l'Évangile selon saint Luc, nous avons la guérison de l'aveugle né, mais il y a deux guérisons.
D'abord la première, la guérison de la cécité de l'aveugle et puis la guérison de son cœur. La première est pleinement humaine. Cet homme qui n'a jamais vu, il va voir.
Jésus va employer cette méthode. Il y a quelques semaines, j'ai donné le sacrement des malades. La nouvelle huile sera bénite lors du lundi saint à la cathédrale à 18h30. Vous êtes tous conviés à cette célébration.
A l'époque, Jésus ce n'est pas avec de l'huile mais avec les matières de la création. Il crache et avec sa salive, il va faire de la boue. Plusieurs fois, nous avons cette méthode où Jésus va permettre aux gens de voir, de guérir.
C'est le premier acte, la première guérison. La deuxième guérison, va être les yeux du cœur. Les yeux du cœur de cet homme pour l'aider à la fois à voir et à reconnaître Jésus comme le Messie, le sauveur du monde tant attendu, et continuer son chemin de foi. C'est Dieu qui discerne, c'est Dieu qui appelle les rois de l'époque. Dieu a envoyé les prophètes pour les consacrer.
C'est ce que nous avons aujourd'hui avec le livre de Samuel, ce bel épisode où Samuel est envoyé en mission pour renouveler le roi d'Israël. Ça ne sera plus Saül parce qu'il a désobéi à Dieu. Donc, Dieu a dit qu'il allait le désavouer pour nommer un nouveau roi.
Samuel va être envoyé chez la famille de Jessé. Le père va présenter son fils le premier. Ce qui est normal, c'est toujours, et encore il n'y a pas si longtemps, le fils aîné reprend les rênes de la famille. Donc là, c'était un peu le fils aîné.
Mais Dieu, comme nous l'avons entendu, ne choisit pas par les apparences. Dieu scrute les cœurs. Donc, c'est vraiment en profondeur qu'il va choisir le dernier de la fratrie, le jeune David.
Par l'onction d'huile, il va être consacré comme roi. Avec saint Paul, nous avons toute la dimension aussi de la lumière et nous avons cette continuité des rites, des rites du baptême. L'eau, la lumière et l'onction d'huile.
Quand nous sommes baptisés, le prêtre nous fait cette onction sur le front. Il dit que nous sommes prêtres, prophètes et rois. Nous sommes consacrés pleinement au Seigneur. Nous recevons pleinement l'Esprit Saint, comme le roi David a reçu l'Esprit Saint pour se laisser guider. Nous savons que le roi David, lui aussi, a commis des péchés. Il a désobéi au Seigneur, mais il s'est repenti, il resta roi.
Il va rester roi pour continuer à guider le peuple. Pour nous aujourd'hui, c'est pareil. Nous commettons des péchés, nous cherchons à nous réconcilier avec Dieu.
Par la réconciliation, le Seigneur vient nous renouveler de son amour. Puis les yeux de notre cœur, qui sont parfois obscurcis, fermés à cause du mal qui est en nous, s'ouvrent, parce que c'est le Christ qui vient les ouvrir pleinement. Dimanche dernier, nous avions le texte de la Samaritaine.
Si tu connaissais, si tu savais le don de Dieu. Aujourd'hui, avec ce texte, nous avons Jésus appris qu'il avait jeté dehors, et le retrouva et lui dit « Crois-tu au Fils de l'homme ? ». Cet homme, cet aveugle né, qui n'avait pas reçu d'instruction, qui n'était pas un docteur de l'Église, qui n'était pas un docteur en mathématiques. L'autre jour, mercredi dernier, j'avais une formation avec d'autres prêtres, la formation continue, permanente, et nous avions une formation sur l'IA. L’intervenant docteur en mathématiques a été abordable.
Cet aveugle, sans connaissance particulière, répond spontanément et presque naïvement aux questions de Jésus.
« Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Et Jésus lui dit « Tu le vois et c'est lui qui te parle. » « Je crois, Seigneur. » Il se prosterna devant lui.
Cet homme a fait sa profession de foi au Seigneur. La profession de foi, ce n'est pas réciter, comme nous allons le faire dans quelques minutes, le symbole de Nicée ou le symbole de Nicée-Constantinople, où pour la veillée pascale, je vous poserai des questions et vous me répondrez en disant « Je crois ». Mais c'est tout simplement dire « Je crois », c'est la première profession de foi. Donc cet homme qui ne sait pas qui est Jésus-Christ, le découvre et spontanément il dit « Je crois, Seigneur » et se prosterne devant lui.
Le fait de se prosterner devant le Seigneur, nous avons un corps et c'est permettre à notre corps de prier. On ne prie pas simplement avec la tête, mais nous prions avec tout notre être. Donc il va se prosterner devant le Seigneur pour se mettre en adoration devant lui.
Là est la véritable adoration devant le Seigneur. Pour nous c'est pareil aujourd'hui. Ne disons pas notre profession de foi du bout des lèvres, mais disons pleinement « Seigneur, je crois, Seigneur, en toi ». Parce qu'en disant cela, nous ouvrons les yeux de notre cœur pour permettre au Seigneur de nous éclairer intérieurement, de nous illuminer intérieurement par sa lumière.
Puis témoigner du mieux que nous le pouvons dans notre quotidien de sa présence, de son amour. Amen.
Père Patrick Fauries