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Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries

Homélie 29e dimanche A

Homélie 29e dimanche A

Dimanche, 18 Octobre 2026

Homélie 29 dimanche TO A

Les interlocuteurs de Jésus, dans cet extrait de l'Évangile, connaissent bien le Seigneur. « Ce n'est pas selon l'apparence que tu considères les gens. » Ils savent très bien que Jésus, scrute les cœurs, mais pas la personne extérieure, si elle est bien coiffée, bien habillée, si elle parle bien, tout cela c'est facile. Jésus voit ce qu'il y a à l'intérieur de la personne. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il y a toujours ce mot hypocrite qui revient, quand Jésus s'adresse aux pharisiens, aux scribes, aujourd'hui il s'adresserait de la même manière pour nous, peut-être pas pour nous personnellement, mais pour certaines personnes de la société. Donc « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », c'est aussi une manière de faire un reproche, parce que bien sûr ils rendent à César ce qui est à César, mais ils oublient quand même de rendre à Dieu ce qui est à Dieu.

Ce qui est à Dieu pour Dieu, ce n'est pas simplement de toujours demander au Seigneur. J'ai besoin de ça, je suis malade, etc… Il faut, et il ne faut pas dire Dieu a trop de gens, il a trop de choses à s'occuper le bon Dieu. Il faut demander au Seigneur, mais en disant le Seigneur n'a pas le temps, il a trop de monde à s'occuper, à ce moment-là nous commettons le péché d'orgueil, parce que nous nous prenons pour Dieu, nous prenons sa place, et nous ne sommes pas des dieux, loin de là, ça se saurait. Nous ne pouvons pas imaginer comment est Dieu. Dieu c’est l’immanence, c'est cette puissance qui fait qu'Il est le tout autre, Il entend tout, Il répond à toutes nos prières, pas comme nous le voudrions, car Il voit ce qui est bon pour nous. Ce qu'il manque, c'est de lui dire des mercis : pour la vie que tu me donnes, pour la beauté de la création, pour cette journée qui commence, pour m’avoir exaucé. C'est le chant que nous apprenons aux enfants, s'il te plaît, merci, pardon.

Je voudrais m'arrêter sur cette première lecture d'Isaïe. Les lectures de ce jour, nous propose un thème : la bienveillance et la charité. Bienveillance et charité, c'est ce qui s'est passé pour le peuple d'Israël. Nous sommes toujours dans cette période de l'exil à Babylone. Après la dévastation en 587 de Jérusalem par Nabucodonosor, qui vient détruire cette ville, la piller, tuer, puis la population la plus valide est déportée à Babylone. C’est un moment terrible, parce que le Temple de Jérusalem va subir cette dévastation, les vols. Puis va apparaître Cyrus. Cyrus, c'est un roi dans l'actuel Iran, un roi païen qui a le souci des autres.

Avoir ce souci des autres, c'est pour les pays qui ont été dévastés par les guerres, par les invasions. Il vient et il va permettre à la population de pouvoir rebâtir. Il va investir de l'argent pour pouvoir les aider à se relever. Cyrus va même permettre au Temple de pouvoir être reconstruit. Dieu par la bouche du prophète Isaïe, « les portes lui seront ouvertes » comme pour un roi. Parce qu'il a été consacré par l'onction d'huile pour être roi.

Ce roi Cyrus nous donne un visage de bonté. Je dirais de la bonté de Dieu qui a entendu le cri des Israélites en exil. Le Seigneur va passer non pas par un roi juif, mais par un roi païen qui ne le connaît pas. Maintenant, nous allons faire un bond en avant de 2500 ans avec le Concile Vatican II, la grande réforme de l'Église du XXème siècle. Nous avons un décret qui s'appelle « ad gentes ». L'Esprit de Dieu souffle où il veut et il fait ce qu'il veut. Autrement dit, l'Esprit Saint ne parle pas simplement aux croyants, ceux qui croient en Dieu. L'Esprit Saint parle dans tous les cœurs.

Ceux qui ne le connaissent pas, Il va leur impulser le sens du bien commun, le sens de l'autre. Comment je peux aider, comment je peux aimer, comment je peux apporter l'amour et la joie qui sont les fruits de l'Esprit. Mais pour que l'Esprit Saint parle dans les cœurs, autant pour les croyants que pour ceux qui ne connaissent pas Dieu. Il faut qu'il y ait un cœur qui soit ouvert, ouvert à chercher, à la fois à grandir soi-même, parce qu'il faut commencer par soi, pour s'occuper après des autres, avoir un regard sur les autres.

Un regard positif pour avoir ce désir de grandir, d'évoluer, et avec notre âge, en vieillissant normalement, nous grandissons dans la sagesse, pour après avoir ce regard positif sur les autres et sur le monde. Pour s'aider, s'entraider, à aller dans cette dynamique de la conversion. Paul, dans cette belle lettre aux Thessaloniciens, qui est une ville de Macédoine, Paul se réjouit. Il est un grand missionnaire, comme je le disais dimanche dernier, quand il allait dans une ville, il allait d'abord prier à la synagogue, avec la communauté juive, puis il parlait de Jésus-Christ, le Messie. Les Juifs qui n'ont pas reconnu le Messie, Paul se permettait de témoigner, d'évangéliser les Juifs. Un appel à la conversion, parce que le Messie est arrivé dans le monde, et qu’eux ne l'ont pas reconnu. Paul se réjouit, pour cette communauté de Thessalonique, qui, à travers leur qualité, mais aussi leur faiblesse, sont remplis de l'Esprit-Saint. Il voit comment la communauté chrétienne naissante grandit dans la foi. Les écrits de Paul sont antérieurs aux évangiles. Ils ont une vingtaine d’année après la résurrection. Les évangiles ont commencé à être écrits qu'à partir de 70.

Paul a commencé à être missionnaire, et à recevoir des lettres. Nous avons une grande théologie, une grande spiritualité, en lisant les lettres de Paul. Je vous invite à en prendre connaissance, celles aux Corinthiens, aux Thessaloniciens, aux Romains. Vous allez voir que 2000 ans après, pas grand-chose n'a changé. A la fois on peut se réjouir, et à la fois on peut se lamenter comme aujourd'hui. Paul se réjouit pour cette communauté qui prend à cœur les vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Il le dit sous l'impulsion de l'Esprit-Saint. Comment l'Esprit-Saint parle dans les cœurs, et encore plus parce qu'ils sont croyants, ils sont pratiquants.

En venant, célébrer l'Eucharistie, c'est venir être à l'écoute de la parole de Dieu, venir se nourrir de la présence de Jésus-Christ en nous, avoir ce désir de changer et de grandir dans la foi. Pas simplement garder ce Jésus pour moi, mais à notre tour d'être missionnaire. Ça veut dire de chercher à évangéliser, de partager la foi. Cette foi, quand nous serons au ciel, comme dit saint Paul, l'espérance, nous n'en auront plus besoin, parce que nous serons pleinement en Dieu. La foi, nous n'aurons plus besoin de croire, parce que nous serons pleinement en Dieu. Il restera la charité qui est l'amour par excellence.

Il restera la charité parce que nous serons pleinement dans l'amour de Dieu pour vivre cette communion avec Dieu et vivre en Dieu. Aujourd'hui, en fêtant le centième anniversaire des dimanches des missions, en fêtant la fête de Saint Luc, nous fêtons les acteurs de la pastorale de la santé. C'est toute cette bienveillance et cette charité qui sort de ces textes. La bienveillance, c'est d'avoir ce souci de l'autre, la charité, cette main tendue, une parole, et si nous ne savons pas quoi dire, juste un sourire, un regard. C'est ce que vivent les missionnaires, c'est ce que vivent les personnels de la santé, et c'est là où le Seigneur nous attend. Jésus nous l’a dit : « quand on aide un plus petit que soi, nous rencontrons le Christ à travers lui. » Notre communauté a répondu dimanche dernier à l'appel, pour aider les gens qui sont dans la rue, en apportant beaucoup de vêtements, des nécessaires de toilettes, etc…

Les jeunes de notre paroisse sont allés vivre cette maraude samedi dernier. Ils sont revenus enchantés par leur action, par les rencontres qu'ils ont pu faire grâce à vous, avec l'association Macadam Café à Bordeaux. Pour Noël, nous serons encore sollicités pour inviter encore nos jeunes à participer à cette action positive et non destructive. Positive pour aider les gens qui se sentent rabaissés, qui se sentent anéantis et pas soutenus par la société. Demandons au cours de cette Eucharistie au Seigneur de nous aider à avoir ce regard bienveillant, à avoir cette charité au cœur. Que du cœur, elle transparaisse, transpire à travers nous, à travers nos actes, nos paroles et nos regards.

Amen.

P. Patrick Fauries. 

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