Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie 24e dimanche A

Homélie 24e dimanche A

Mardi, 15 Septembre 2026

Aujourd'hui, nous pouvons dire que l'Église nous propose un thème de réflexion sur le pardon. Pardonner, nous pouvons pardonner du bout des lèvres, mais est-ce que vraiment ce pardon est valable ? Pour que vraiment le pardon soit valable, il faut qu'il y ait en profondeur ce désir qui vient du cœur.  Je dirais, dans toutes ces lectures que nous venons d'écouter, le pivot, c'est bien avec Saint Paul aux Romains. « Aucun d'entre nous ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même.

Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur. Si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. »

Au chapitre 19, du livre de Ben Sirach le sage, il nous dit que « Dieu est miséricordieux pour toutes ses créatures. » Ce livre de Ben Sirach le sage a plusieurs noms : livre de la sagesse, livre de l'ecclésiaste. Il est écrit au 19e siècle avant Jésus-Christ. On nous parle de la miséricorde de Dieu  ; Dieu aime toutes ses créatures. A l'époque, le baptême n'existait pas.

Autrement dit, quand Paul nous parle que nous vivons avec le Seigneur et si nous mourons, nous mourons avec le Seigneur, encore plus quand nous sommes rattachés à Jésus-Christ, il nous donne cette force intérieure par les fruits de l'Esprit : la joie, la paix, l'amour. Jésus nous aide à vivre le pardon. Comme lui-même sur le bois de la croix, il y a 2000 ans, « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. » Donc si lui, le fils de Dieu, est arrivé à pardonner, pourquoi nous n'y arriverions pas ? Mais c'est normal que nous ayons du mal à pardonner.

Jésus-Christ, il est à la fois homme et Dieu, pour lui tout est possible. Nous, nous ne sommes que des êtres humains, nous n'avons que la nature humaine. Dans cette nature, nous avons le péché qui est notre faiblesse.

C'est là où dans l'évangile, quand Pierre interpelle Jésus pour lui dire combien de fois doit-je pardonner à mon prochain, Jésus va lui dire, non pas 7 fois, mais jusqu'à 70 fois 7 fois.  Le chiffre 7 est le chiffre parfait dans la Bible, ça veut dire que nous devons pardonner à l'infini.

Mais aussitôt, Jésus nous parle avec une image. Il aime bien parler Jésus avec des images. Ainsi le royaume des cieux est comparable.

Il nous parle du royaume des cieux. Quand nous serons morts, eh bien nous vivrons pleinement dans le royaume des cieux.

Jésus nous donne cette image de ce serviteur et du maître. Deux grosses comparaisons, c'est le montant de la dette. L'un devait dix mille talents, c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent, et l'autre devait cent pièces d'argent. Nous avons une grosse différence. Pour le premier, le maître est pris de compassion, il lui pardonne, il lui remet la dette, pourtant cette dette elle est immense, et puis le serviteur qui a reçu le pardon, à son tour, il attrape un compagnon et parce qu'il lui doit cent pièces d'argent, c'est vraiment moins que ce que lui devait, le menace, il essaie de l'étrangler et lui impose de rembourser sa dette.  

Jésus en disant cela, il nous dit aussi, du prophète Isaïe : « notre péché peut être rouge comme le vermillon -, alors le vermillon c'est un petit insecte avec lequel nous faisons le colorant rouge, donc c'est le colorant alimentaire, et donc c'est vraiment un rouge très vif - il deviendra blanc comme neige. 

Après avoir reçu le pardon, notre péché devient tout blanc. Cet homme, avec cette grosse dette, il avait fait un gros péché, parce qu'il n'avait pas su gérer son argent, et le second, qu'il lui devait juste cent pièces d'argent, son péché est moindre.

Jésus nous dit, à travers tout cela, et c'est le sacrement de la réconciliation. Le sacrement de la réconciliation qui existe encore, et qui est très bénéfique pour ceux qui le vivent, d'abord on ne va pas confesser nos péchés, dire ce qu'on a fait de pas bien, nous allons d'abord dire, nous confessons l'amour de Dieu. Je sais que Jésus m’ aime est face à l'amour de Dieu, nous pouvons percevoir et voir très facilement là où nous avons commis quelque chose de pas bien, où nous avons fait le mal.

C'est à ce moment-là que nous confessons aux prêtres, parce que Jésus a voulu ainsi les choses, que nous confessions aux prêtres nos péchés pour recevoir l'absolution, s'entendre dire tes péchés sont pardonnés. Ce n'est pas automatique, pour que le péché soit pleinement pardonné, et que l'absolution soit pleinement vécue intérieurement, il faut que nous ayons une démarche sincère avec le regret. Mais après une bonne confession, nous nous sentons légers intérieurement, nous nous sentons en paix intérieurement et nous avons la joie. Nous rayonnons à quelque part cette joie et cette paix que nous avons reçue de Jésus dans le cœur.

A ce moment-là, parce que nous avons goûté, fait l'expérience du pardon de Dieu, à notre tour, nous sommes invités à reproduire ce pardon et à pardonner à ceux qui nous ont offensés, comme nous le dirons dans la prière du Notre Père. Le pardon ne veut pas dire oublier. J'ai pardonné du fond du cœur, c'est une chose, mais j'ai un cerveau, j'ai une mémoire.

La mémoire garde quelque chose, il reste toujours une trace, comme une blessure, on s'est coupé, et puis il restera une cicatrice qu'on gardera à vie. Là c'est pareil, quand on nous a offensés, une offense grave, il reste quelque chose.  

Le pardon veut dire aussi passer au-dessus. Pour puiser la force, à la fois il y a le sacrement de la réconciliation, et puis il y a notre prière personnelle, dire au Seigneur, voilà Seigneur, telle personne m'a fait du mal. Aide-moi à pardonner. 

Ayons le désir dans le cœur de nous tourner vers le Seigneur, pour puiser la force du pardon, ainsi rendre notre monde plus juste et fraternel. Amen 

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