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Homélie 23e dimanche A
Aujourd’hui, les lectures nous invitent à réfléchir sur notre manière d'être. Il y a le mot guetteur. Quand nous écoutons les informations, le guetteur a plutôt une définition péjorative, parce que ça nous fait penser aux cités, entre autres, celui qui guette que la police va arriver, parce qu'il va prévenir les drogués et les vendeurs.
L’extrait du livre d'Ézéchiel se situe au VIe siècle avant Jésus-Christ. Le guetteur avait une autre signification. Celui qui guette pour avertir, le veilleur. Ézéchiel va l'entendre comme cela dans sa mission.
Ézéchiel est à la fois prêtre dans le temple et prophète. Comme nous le savons, le prophète est là pour annoncer, pour dire la parole de Dieu. Ce qu'il reçoit dans son cœur ou en songe. Ézéchiel, va être déporté en exil à Babylone, en 560, puis il va habiter dans une ville qui s’appelle la ville s'appelle Tel Aviv.
Ça nous fait penser à Tel Aviv, la capitale d'Israël. Ce n'est pas anodin, parce qu'Ézéchiel a toujours eu une parole d'espérance pour le peuple. Comme c'était un grand prophète, quand il est revenu à Jérusalem, où c'était la désolation, la ville était détruite, ainsi que le temple de Salomon. Ézéchiel, avec la vision dès « les fleuves d'eau vive », nous invite au renouvellement, à la purification. Il va proclamer une parole de Dieu qui sera toujours là pour soutenir la population. Cette parole forte, Tel Aviv, qui veut dire « la colline du printemps », les Israélites de l'époque, feront de Tel Aviv, la capitale d'Israël en hommage à Ézéchiel.
Il a rencontré des difficultés à se faire entendre, comme tout prophète. C'est pour cela que dans cet extrait que nous avons entendu, celui qui entendra la parole du prophète et se détournera de son péché sera sauvé. Celui qui ne voudra pas entendre mourra. C'est la liberté, Dieu ne s'impose pas.
Dans cet extrait de l'Évangile, l'épisode avant été « la brebis perdue ». Il y a les 99 brebis qui sont au bercail, Jésus, dans la parabole, dit que le berger va chercher la centième brebis, la brebis perdue. Dans ce passage, c’est pareil.
Quand Jésus dit qu'il faut reprendre son frère, d'abord en tête à tête, s'il n'écoute pas, à deux ou à trois, c'était la pratique juive. S’il continue à s’obstiner, on appelle la communauté. Les paroles sont fortes. S'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Mais nous le savons, dans la deuxième lecture, Paul le redit au dernier verset, le plein accomplissement de la loi, c'est l'amour.
Il y a l'accomplissement de la loi, l'amour. Mais si cet homme ou cette femme ne veut pas entendre qu'elle a tort, ils sont traités comme publicains et païens. C’estleur choix, leur liberté. Dieu est miséricordieux. La porte sera toujours ouverte pour les accueillir. Dans cette démarche d'aller rencontrer son frère ou sa sœur, il doit toujours avoir la dimension fraternelle. Quand nous agissons, parfois ce n’est pas facile. Nous devons avoir à l’esprit le deuxième commandement, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Ce mot guetteur pour nous aujourd'hui, nous invite à veiller à comment transmettre la foi, comment parler de Jésus-Christ. Voir les signes que le Seigneur nous donne, met sur notre route. Les occasions que le Seigneur nous donne quand nous rencontrons une personne ou des personnes. Comment le Seigneur à travers moi, va porter sa parole. Pas chercher à faire du prosélytisme, mais un mot, une phrase, quelque chose qui va parler dans le cœur de la personne. Ça veut dire que c'est le Seigneur qui agit à travers nous.
Pour qu'on soit vraiment connecté au Seigneur, il faut être en lien avec lui pour avoir une bonne connexion. Si on vient juste à la messe et qu'on ne prie pas le reste du temps - c'est bien de venir à la messe- ce n’est pas suffisant. Il faut se nourrir pas personnellement. Prendre du temps pour avoir une relation avec le Seigneur. Les fruits reçues à la messe germeront en nous.
Dans cet extrait de l'Évangile selon saint Matthieu, à la fin où Jésus nous dit : « qu'en deux ou trois sur terre, vous demandez quelque chose à mon Père, vous serez exaucés ». C'est pour nous rappeler la prière communautaire, la prière universelle.
Jésus nous dit qu'en deux ou trois, prie, mon Père exauce les demandes. Le Seigneur entend toutes les prières, il les exauce mais il faut être comme un guetteur, attentif, l'oreille tendue pour être à l'écoute et percevoir leur réalisation.
Comment le Seigneur va réaliser ma demande ? Il va les réaliser, il perçoit notre demande, mais ça réalisation sera souvent autre. Il ne faut pas se décourager, mais avec un cœur ouvert, dans la simplicité, renouveler chaque jour notre demande. Puis savoir le remercier pour tout ce qu'il nous donne.
Amen.
Père Patrick Fauries