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Homélie 22e dimanche A
Aujourd'hui, l'Église nous invite, avec ses textes bibliques, à réfléchir sur deux attitudes. Je dirais la première attitude, celle de l'homme, et la deuxième spirituelle. Dans ces trois lectures, plus particulièrement dans la première et dans l'Évangile, il y a la dimension de la réaction de l'homme. Réaction négative, le prophète Jérémie se plaint de « la violence des gens, des railleries, qu'on se moque de lui, violences et dévastations à longueur de journée », puis il dit, « je ne parlerai plus en son nom ».
Le prophète a été appelé par Dieu pour transmettre son message. Il ne veut plus. Il se révolte, il boude, il dit, c'est fini, j'en ai marre, dans l'Évangile, c'est Pierre.
Nous avons la continuité de l'Évangile de dimanche dernier, où Pierre témoignait en disant, « tu es le fils du Dieu vivant, tu es le Messie ». Aujourd'hui, Pierre ne peut pas entendre les paroles du Seigneur. Jésus, là, déclare aux disciples sa mission et sa finalité sur cette terre. Jésus reprend Pierre, parce que Pierre lui dit, non, « Dieu t'en garde, Seigneur, cela ne t'arrivera pas ».
C'est une bonne réaction humaine. On est contre la souffrance, la maladie, l'épreuve. Donc Pierre réagit comme un homme.
Jésus va être dur avec lui. Passe derrière moi Satan, parce que les paroles de Pierre n'entrent pas du tout dans le projet missionnaire du Christ. Jésus le dira après, celui qui veut me suivre doit prendre sa croix.
Autrement dit, celui qui veut être le disciple du Seigneur, et nous avons vu comment on a traité, il y a 2000 ans, le Maître, si nous voulons suivre le Christ, nous devons prendre notre croix et être à sa suite. Mais toujours en ayant en arrière-pensée, positivement, le verset où Jésus nous dit « Prenez sur vous mon joug, parce qu'il est facile à porter, et mon fardeau léger ». Dès l'instant où nous suivons le Christ, Il partage avec nous notre vécu, nos joies, nos peines, nos maladies, nos épreuves. Pour Jérémie, ce qui est important et très beau, il dit « Je me disais je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom, mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os, je m'épuisais à la maîtriser sans y réussir ». La Parole du Seigneur brûlait dans son cœur et dans ses os.
Tout son être de chair brûlait de l'amour de Dieu, de la Parole du Seigneur, comment ne pas se taire ? Pierre, nous savons qu'il va renier le Christ, mais après il aura cette profession de foi, et pour dire, maintenant, oui, je vais suivre le Christ jusqu'à donner ma vie par amour pour lui. Dans ces trois lectures, nous avons toute la dimension baptismale. Ce n'est pas la dimension de l'eau ou de la lumière du Christ ressuscité, mais c'est un rite qui se fait lors du baptême.
Ce rite de l'onction du Saint-Crème, nous consacre au Seigneur. Par cette consécration, nous avons une participation active dans l'Église. L'Église, elle est constituée d'une hiérarchie, le pape, les cardinaux, les évêques, les prêtres et les diacres.
La place des fidèles laïc a toute son importance au sein de l'Église. Par la consécration de l'onction du Saint-Crème, le prêtre dit que l'enfant ou l'adulte, est prêtre, prophète et roi. Dans ces trois lectures, je trouve qu'elles sont bien représentées, ces trois dimensions participatives du baptisé.
Avec Jérémie, nous avons la dimension du prophète et que nous devons être. Un prophète pour annoncer le Christ, témoigner de lui. Témoigner de lui dans notre vie de famille, professionnelle et sociale. Annoncer le Christ, c'est aussi annoncer son avènement.
L'avènement, c'est l'anamnèse que nous chanterons et que nous chantons à chaque Eucharistie, nous invitons et nous disons au Christ, viens Seigneur Jésus, aujourd'hui dans notre monde. A la fois il y a les deux avènements : l'avènement de l'instant présent, le Christ est là au milieu de nous et l'avènement quand il reviendra dans sa gloire. La dimension prophétique, c'est accueillir en nous l'esprit de conversion.
Nous témoignons du Christ, ça veut dire que nous croyons, que le Seigneur vient nous travailler intérieurement et plus nous nous laissons travailler par lui, plus il y aura ce retournement intérieur. Nous donnerons ce témoignage et par notre témoignage de vie, nous susciterons dans les cœurs des personnes que nous rencontrons, croyantes ou non croyantes, quelque chose qui va impulser en elles ce désir de découvrir le Christ et les inviter à la conversion.
La seconde lecture très explicite -je vous invite à la reprendre chez vous-, toute cette dimension que Paul parle aux Romains, la dimension du corps. C'est la dimension sacerdotale, le sacerdoce commun et au culte. Donc comme je le disais, par l'onction du Saint-Crème, nous sommes consacrés au Seigneur et c'est développer en nous l'action de l'Esprit-Saint, l'Esprit-Saint qui va à travers nous porter du fruit, les fruits de l'Esprit, comme nous parlera Saint-Paul. Le sacerdoce commun, comme dit Saint-Paul, « présenter votre corps, votre personne tout entière en sacrifice vivant, sain, capable de plaire à Dieu. C'est là pour vous la juste manière de lui rendre un culte. Cette présentation de tout notre être, de toutes nos actions. Nous avons, chacun d'entre nous, à l'offrir au moment où le prêtre présente l'offrande au Seigneur, le pain et le vin. Lors de la messe, vous participer à cette dimension sacerdotale de la présentation des dons, la présentation de votre vie. C'est une participation active à l'Eucharistie et par votre présentation de votre vie, c'est aussi une consécration du monde, parce que nous sommes dans le monde et vous êtes du monde. Donc à travers vous, c'est le monde que vous présentez au Seigneur.
Puis nous avons la dimension royale du Christ. Il y a plus de 3000 ans, que les rois sont consacrés. Le Christ a été exalté dans la gloire par le Père. A la suite du Christ, nous participons à sa royauté.
Le Christ, qui est l'amour par excellence, nous invite par cette consécration à montrer un visage fraternel bon et faire découvrir la lumière du Christ ressuscité autour de nous.
Amen.
Père Patrick Fauries