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Homélie 13e dimanche A
Aujourd'hui, cette partie de l'Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, nous invite à écouter des maximes. Certaines peuvent nous choquer, nous déranger. La Parole de Dieu n'est pas que du miel dans la bouche, comme dit saint Paul, c'est aussi « un glaive, une épée tranchante ».
Quand nous lisons la Parole de Dieu, il faut comprendre et décrypter le message qui est dessous. « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. »
« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. » Non pas qu'il faut se détourner de ses parents, non pas qu'il ne faut pas les aimer, non pas qu'il ne faut pas aimer ses enfants ou son prochain, ses proches, mais Jésus centre sur l'essentiel qui est Dieu.
Nous aurions pu avoir, dans la première lecture, la révélation des commandements à Moïse. Le premier commandement, « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit, de toute ton âme, dont nous sommes tournés vers Dieu. Mais aussitôt, le Seigneur nous renvoie et nous décentre de lui pour nous renvoyer vers les autres. »
Les versets d'aujourd'hui nous incitent à nous tourner d'abord vers le Seigneur pour aimer d'un amour véritable, un amour vrai, puis vers les membres de nos familles, les proches, et même ceux que nous ne connaissons pas dans notre quotidien. Jésus dira plus loin, « Aimez vos ennemis. » Jésus nous invite aussi à aimer les gens qui nous agacent dans notre quotidien. Il est présent en chacun de nous. Par notre baptême, Allan et Baptiste, qui seront baptisés à Pâques prochain, recevront pleinement en eux le Père, le Fils et l'Esprit, par l'onction du Saint Crème, ils vont devenir prêtres, prophètes et rois.
Cette mission qui va les habiter à partir de leur baptême, à la fois cette présence Trinitaire et les trois fonctions, la prêtrise, la prophétie et la royauté. Dans la première lecture avec le prophète Élisée, que je vous invite à lire cet été dans les deux livres des Rois, deux livres passionnants, et surtout la vocation d'Élisée, ce jeune Élisée, et quand son maître Élie partira au ciel, il recevra le charisme de son maître. Dans ce passage, ce jeune prophète est accueilli, il s'est laissé accueillir par ce couple. Puis cette dame propose à son mari, sur la terrasse, parce que c'est comme ça en Israël. Les maisons ont un toit terrasse, il fait tellement chaud qu'ils dorment sur la terrasse.
Le prophète Élisée vient demander comment il peut remercier. Il dira à cette femme, l'année prochaine, quand je reviendrai, tu auras un fils. Alors c'est là où il faut découvrir, après toute l'histoire qui va se passer à la fois pour Élisée, mais aussi pour cette famille. Je vous laisse découvrir. Nous voyons bien, avec cette histoire, le cheminement de Dieu dans leur vie, leur cheminement de foi, pour nous c'est pareil.
Avec le prophète Élisée, nous sommes en l’an 850 avant Jésus-Christ. Ce cheminement de foi, avec la venue du Christ nous invite à le prolonger encore plus.
Quand nous sommes baptisés, nous sommes prêtres, prophètes et rois. Nous avons cette dimension de prophétie. Ce n'est pas dire tout et n'importe quoi, être prophète. C'est annoncer le Christ, là où nous sommes.
La dimension sacerdotale du baptisé. En même temps que le prêtre présente l'unique offrande au Seigneur, chacun d'entre nous, avons à offrir notre vie au Seigneur. Nous avons à offrir au Seigneur ce que nous sommes, nos joies, nos peines, nos préoccupations.
La dimension royale. La fonction royale du baptisé, elle est en lien avec le Christ qui est le roi du ciel. Nous n'allons pas avoir, un diadème sur la tête ou une couronne de roi. Mais c'est participé à cette dimension royale dans le ciel.
Mais Jésus avertit. « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. » Une chose intéressante, c'est qu'à l'époque, il y avait nombreux de crucifiés. Sur les routes, il y avait des centaines de personnes qui étaient crucifiées. C'était affaire courante. Parce que dès l'instant où il y avait un manquement à l'ordre public, vous étiez crucifié.
Il n'y avait pas de prison. Là, c'était direct. Donc ça veut dire, quand Jésus nous dit celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi, alors ce n'est pas chercher à être crucifié, mais il avertissait ses disciples à l'époque qu'en témoignant de lui, voilà à quoi ils vont se risquer.
Les apôtres, ainsi que d'autres disciples, et ça continue aujourd'hui encore dans le monde, plus particulièrement au Nigeria vont être persécutés. Nous sommes plongés quand même dans l'espérance avec le Christ. Comme le dit saint Paul, dans la deuxième lecture.
Plongés dans l'espérance, parce que par le baptême, nous sommes morts avec lui et nous sommes ressuscités en lui. Nous marchons déjà ici et maintenant dans la vie éternelle. La mort, qui est naturelle, un jour nous devrons fermer les yeux, même si certains cherchent l'immortalité. Nous avons cette espérance en nous que notre vie continuera, que notre âme cheminera à vivre pleinement en Jésus Christ.
Le Seigneur nous invite ici et maintenant à vivre de son amour, à nous appuyer sur Lui, parce qu'il est notre force. Comme nous l'avons entendu dans les deux présentations tout à l'heure, ma foi, si elle est vivante, je la témoigne. Je parle d'elle, puis, je vais chercher à l'enrichir. Avec ce temps estival qui arrive, je vous évite à lire la Parole de Dieu, dont les deux livres des rois qui sont dans l'Ancien Testament. Prenez le temps de lire l'encyclique du pape Léon XIV. Ce n'est pas un roman d'amour, loin de là, parce qu'il faut la lire à petite dose, mais elle est passionnante.
Demandons au cours de cette Eucharistie au Seigneur, de nous laisser transformer intérieurement par Lui, parce que Lui seul est notre guide, notre chef, pour avoir ce désir intérieur de parler de Lui et de vivre de Lui. Amen.
Père Patrick Fauries