Les Homelies 

Chaque semaine, venez découvrir avec enthousiasme les belles homélies du Père Patrick Fauries
Homélie 11e dimanche temps Ordinaire A

Homélie 11e dimanche temps Ordinaire A

Dimanche, 14 Juin 2026

Dieu est un grand pédagogue. Il a pris le temps au fil des millénaires de se révéler à l’humanité. Dieu a appelé un peuple. Il s'est révélé pour tisser une première alliance. Le texte de l'Exode, Moïse parle avec le Seigneur. Le Seigneur lui transmet un message, pour parler auprès du peuple, et il va prendre l'image d'un aigle.

Nous pouvons voir la pédagogie du Seigneur. L'aigle a ses petits., l'aigle. Les aiglons quand ils sont en âge pour voler, l'aigle les portes sur ses ailes et il prend son envol. Quand il sent que l'aiglon a de l’assurance, il lui permet de s'envoler.

L'aiglon commence à fatiguer, ou peut-être à manquer d'assurance, il va le récupérer sur ses ailes. Et il recommencera autant de fois cette méthode, jusqu'à ce que l'aiglon puisse voler de ses propres ailes. La nature, quand même, est extraordinaire.

Peut-être pour certains parents d'aujourd'hui, ils devraient prendre l'exemple. Dieu, dans sa pédagogie, nous aide, au fur et à mesure, à prendre notre envol. Dieu s'est révélé dans l'Ancien Testament comme un Père. Puis 1 700 ans après, il envoie son Fils dans le monde, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, avec sa mission propre, annoncer un Dieu d'amour. Il a donné sa vie sur le bois de la croix, pour que nous ayons le pardon de nos péchés, la réconciliation et la vie éternelle.

En même temps, tout au long de sa vie, Jésus a posé des actes, des actes pour nous montrer la miséricorde de Dieu. Dans le mot miséricorde, il y a le mot misère. Dieu vient se rapprocher de notre humanité, dans notre misère humaine, non pas pour s'apitoyer sous notre propre sort, mais pour nous relever, d’un amour miséricordieux. Un amour qui va venir nous élever, nous remplir de sa force, de sa joie et de sa paix. Puis agir par des guérisons, par des paroles d'espérance, l'espérance de croire qu'au-delà de cette vie terrestre, la vie continue.

Cette vie commence déjà ici et maintenant. Même si les temps sont durs, à travers les épreuves de la vie, nous avons cette espérance en la résurrection et la vie éternelle. Jésus, pédagogue comme son Père, tous les deux ne font qu'Un, va prendre le temps, le temps de se révéler à l'humanité.

Jésus, dans cet extrait de l'Évangile selon saint Matthieu, premier verset, « Voyant la foule, Jésus fut saisi de compassion envers elle. » Cette prise de compassion envers ce peuple qui est autour de lui, cette compassion, ça veut dire que Jésus est pris aux entrailles. C'est vraiment sa dimension humaine que nous pouvons ressentir à ce moment-là. Puis, la dimension divine et sa mission. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Dans quelques jours, il va y avoir des ordinations, non pas à Bordeaux, mais dans d'autres villes en France et dans le monde, ordinations diaconales et ordinations presbytérales, où des prêtres vont naître. « Priez le maître de la moisson. Les prêtres ne sont pas des extraterrestres, nous n'arrivons pas d'une autre planète. Nous avons un père et une mère. La vocation naît à la fois au sein familial, dans le noyau familial, mais aussi, si la famille n'est pas porteuse de la foi, le Seigneur appelle dans les cœurs. Après, il faut répondre. Ça, c'est notre histoire. Avec toutes les propositions que nous avons dans le monde, c'est de plus en plus peut-être difficile de répondre à l'appel du Seigneur parce qu'il y a aussi la tentation du monde. Jésus appelle ses douze apôtres et il va les envoyer en mission. Une mission spécifique, agir comme le maître, qui est Jésus, comme le maître a agi de son vivant.

Avant de les envoyer en mission, il va d'abord leur dire, et c'est intéressant, de ne pas aller vers les nations païennes, n'entrer dans aucune ville des Samaritains, aller plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Jésus n'est pas encore mort, il n'est pas ressuscité.

N'allez pas vers les Samaritains parce qu'il y a un conflit entre les Samaritains et Jérusalem. Les Samaritains, pour eux, adorent le Seigneur à la montagne de l'Horeb, à la montagne de la révélation de Dieu. A la fois, ils ont raison et le peuple d'Israël, qui se retrouve à Jérusalem, adore le Seigneur dans le temple de Jérusalem. Eux aussi, ils ont raison. Donc, ça fait des conflits humains que nous connaissons bien.

Donc, n'allez pas vers les Samaritains parce qu'ils ne seront pas accueillis. N'allez pas vers les nations païennes ce n’est pas encore le moment. « Mais allez vers les brebis perdues de la maison d'Israël. »

Très intéressant. En envoyant les apôtres vers les Juifs, c'est pour leur rappeler à la fois qui sont la première alliance, mais pour annoncer que ce Messie tant attendu par eux, est né, il est bien présent, Jésus-Christ. Mais c'est pour rappeler aussi à la maison d'Israël qui sont les frères aînés, qui sont le commencement et qu'il y a maintenant une continuité avec Jésus-Christ.

Ce sera après la résurrection, le jour de la résurrection, à la fois pour les femmes, mais aussi pour Pierre et Jean, l'ange apparaîtra au tombeau, il leur dira, « allez en Galilée, c'est là où le Seigneur vous attend », où vous le rencontrerez. Ce n'est plus vers les brebis perdues de la maison d'Israël, mais après la résurrection, ça sera aller vers les païens. La Galilée, carrefour des nations, de la Galilée transitait le commerce de nourriture, les matériaux, tout partait de la Galilée vers d'autres continents, vers d'autres pays.

Autrement dit, l'annonce de l'Évangile ne doit plus rester en terre d'Israël, maintenant la Parole de Dieu, l'annonce, doit partir au-delà, vers les autres continents, elle doit être propagée. Les disciples, les apôtres et les prêtres d’aujourd'hui ont la mission d'annoncer l'Évangile, la Bonne Nouvelle, et d'agir au nom de Jésus-Christ. « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. »

Vous n'agissez pas en votre nom, Jésus leur dit, vous agissez en mon nom, parce que vous avez le pouvoir que je vous ai donné.  Avec le dernier verset, il peut avoir des grincements dedans, « Vous avez reçu gratuitement, donné gratuitement. » Ce petit verset a toute son importance, toute sa consistance.

« Vous avez reçu gratuitement, donné gratuitement. » Qu'avons-nous reçu ? Nous avons reçu la vie qui vient Seigneur. Nous avons reçu tout ce qui est autour de nous, la création, le cosmos, l'univers. Nous avons reçu des dons, nous avons reçu des charismes, tout ce qui est bien sûr positif, pas ce qui est négatif pour embêter le voisin ou embêter votre prêtre.

Nous avons continuellement à dire merci au Seigneur. Merci au Seigneur pour tout ce qui nous donne de voir. La beauté de la création, tout ce qui nous donne de vivre et de partager avec nos frères et sœurs. Soit au sein de la communauté chrétienne, pour faire resplendir et témoigner de l'Église vivante sous toutes ses formes, dans tous les services que nous avons au sein de la communauté, mais au-delà de la communauté chrétienne. Le Seigneur nous envoie, non pour guérir, non pas pour expulser les démons, non pour ressusciter les morts, non pour purifier les lépreux, à notre manière, à notre place, comme baptisé.

Nous avons à agir, à ne pas rester les bras croisés, à attendre que le temps passe, mais surtout à remercier le Seigneur pour ce qu'il me donne de vivre et ce qu'il me donne de partager avec les gens que je rencontre sur ma route. Le Seigneur nous a donné, il n'attend rien en retour de notre part.

Vous avez reçu gratuitement, donné gratuitement. Même si nous attendons que les autres nous disent un merci, bien sûr, ça fait plaisir. Un sourire, un merci, une parole. A la fois, c'est important parce que nous sommes des êtres de chair et à cause du péché qui est en nous, nous recherchons tout ça. Mais le Seigneur, lui, il n'attend rien en retour. Même si nous devons lui dire merci par politesse, ça doit lui faire plaisir quelque part aussi, bien sûr.

Il n'attend aucun mérite de notre part. Ce n'est pas parce que nous agissons en son nom que nous allons gagner plus vite le ciel. Pas du tout.

C'est tout ce travail d'humilité qui nous fera gagner le ciel, gagner le paradis. C'est tout ce travail d'humilité qui va nous faire grandir dans l'amour de Dieu. Un amour qui nous remplit de joie. Une joie qui fera que nous serons de bons et de vrais témoins autour de nous. Le Seigneur n'attend pas que nous fassions de grandes choses ou que nous fassions énormément de choses pour lui.

Ce qu'il veut, c'est de voir comment est notre cœur, l'attitude dans la manière dont nous agissons dans notre quotidien.

Père Patrick Fauries

Recherche